Résumé de la décision :
La Cour administrative d'appel de Paris a rendu un arrêt en date du 20 mai 2021, dans lequel elle a rejeté les recours du garde des sceaux, ministre de la justice, et enjoint celui-ci de présenter un projet de décret pour autoriser le changement de nom de plusieurs personnes. La Cour a également ordonné à l'État de verser 750 euros à chacune des personnes concernées. Cependant, une erreur matérielle a été identifiée concernant le montant à allouer, qui avait initialement été fixé à 1 500 euros par ailleurs dans le même arrêt. Suite à une requête de M. G... C..., la Cour a procédé à la rectification, fixant la somme à verser à 1 500 euros pour chaque individu.
Arguments pertinents :
Dans sa décision de rectification, la Cour a appliqué les dispositions de l'article R. 833-1 du code de justice administrative, qui prévoit la possibilité de corriger les erreurs matérielles dans une décision de justice. L'article précise que les erreurs susceptibles d'influencer le jugement peuvent être rectifiées, ce qui a été le cas ici. La Cour a noté :
> "Cette erreur matérielle au sens des dispositions de l'article R. 833-1 du code de justice administrative, qui n'est pas imputable au requérant, a eu une incidence sur le sens de la décision."
En effet, l'octroi d'une somme de 750 euros, au lieu de 1 500 euros, aurait pu créer une confusion quant aux droits des personnes concernées, justifiant ainsi la rectification.
Interprétations et citations légales :
L'article en question, Code de justice administrative - Article R. 833-1, définit les modalité de rectification des jugements comportant des erreurs matérielles. Ce texte autorise le recours en rectification dans le cas où une erreur pourrait influencer le jugement :
> "Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'État est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification."
Cette disposition permet de distinguer les erreurs matérielles des erreurs de fond, réservant la rectification aux erreurs purement matérielles. La Cour a bien souligné que sa décision ne visait pas à revoir ses appréciations juridiques mais simplement à corriger une erreur de somme.
Ainsi, cette décision illustre l'importance de la précision dans les montants alloués dans les décisions judiciaires et la possibilité qu'ont les parties de solliciter une rectification lorsqu'une erreur de ce type est constatée, assurant la protection des droits financiers des requérants.