Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant la commune de Taputapuatea à Mme C..., le maire a annulé la délégation de fonctions attribuée à Mme C..., entraînant une délibération du conseil municipal pour ne pas la maintenir dans ses fonctions d'adjointe. Mme C... a contesté ces décisions devant le Tribunal administratif de la Polynésie française, qui a annulé les décisions de la commune. La commune a alors fait appel de ce jugement. Par un arrêt rendu le 11 décembre 2018, la Cour a annulé le jugement du Tribunal administratif, rejetant également la demande de Mme C... d'exécution du jugement et ses demandes de frais de justice.
Arguments pertinents
1. Motifs de retrait des fonctions : La commune a soutenu que le retrait de la délégation était justifié par un "conflit de loyauté" engendré par les agissements de Mme C..., qui, selon la commune, avaient altéré la relation de confiance entre le maire et l'adjointe. La Cour a noté que la commune pouvait retirer une délégation aussi longtemps que cela n'était pas fait pour des motifs inexacts ou étrangers à la bonne marche de l'administration.
Citation pertinente : "le maire peut, à tout moment, mettre fin aux délégations qu'il a consenties, sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par des motifs matériellement inexacts ou étrangers à la bonne marche de l'administration communale" (Code général des collectivités territoriales - Article L. 2122-18).
2. Justification des décisions : La Cour a reconnu que le comportement de Mme C..., qui avait encouragé les élus à rejoindre un mouvement politique dissident et exprimé sa défiance envers le maire, était un élément suffisant pour justifier la perte de confiance vis-à-vis d'elle. Par conséquent, le Tribunal administratif avait à tort annulé les décisions de la commune.
Citation pertinente : "Ces faits étant suffisants pour porter atteinte au lien de confiance entre un maire et un adjoint, la commune de Taputapuatea est fondée à soutenir que c'est à tort que, pour annuler les décisions attaquées, le Tribunal administratif a retenu l'unique moyen de la requête."
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article L. 2122-18 : Cet article du Code général des collectivités territoriales indique que le maire a la latitude de retirer les délégations qu'il a accordées. Cette décision doit être fondée sur des motifs valables liés à la gestion et la bonne marche de l'administration communale. La décision de la commune de Taputapuatea a été interprétée comme étant prise dans ce cadre légal.
Citation directe : "Le maire... peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints... Lorsque le maire a retiré les délégations qu'il avait données à un adjoint, le conseil municipal doit se prononcer sur le maintien de celui-ci dans ses fonctions." (Code général des collectivités territoriales - Article L. 2122-18).
2. Rejet des demandes de frais de justice : Conformément à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la cour a rejeté les demandes de remboursement des frais. La commune, n'étant pas la partie perdante, n'était pas redevable de remboursement, démontrant ainsi que les frais de justice ne sauraient être prélevés sur une partie qui a obtenu gain de cause.
Citation pertinente : "Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Taputapuatea, qui n'est pas... la partie perdante..."
En somme, la Cour a réaffirmé le pouvoir discrétionnaire du maire dans la gestion des délégations et la nécessité de conserver des relations de confiance dans l'administration locale. Les décisions prises par la commune ont été jugées conformes à la législation applicable.