Résumé de la décision
Dans l'affaire n° 18PA02136, Mme B...A..., ressortissante congolaise, a contesté le jugement du Tribunal administratif de Melun qui a rejeté sa demande d'annulation d'une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour en tant qu'étranger malade. Elle argue que cette décision est contraire à l'article L. 313-11 11ème du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. La Cour administrative d'appel de Paris a rejeté sa requête, confirmant que les certificats médicaux fournis ne constituaient pas une base suffisante pour établir que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale sans risque de conséquences d'une exceptionnelle gravité dans son pays d'origine.
Arguments pertinents
1. Application de l'article L. 313-11 11ème :
La Cour a affirmé que "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention 'vie privée et familiale' est délivrée de plein droit...". En l'espèce, les certificats médicaux ne prouvaient pas que le défaut de prise en charge entraînerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité, justifiant ainsi le rejet de la demande de titre de séjour.
2. Erreur manifeste d'appréciation :
La Cour a estimé que le préfet n'avait pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, car les documents fournis par Mme B...A...ne justifiaient pas les conditions prévues pour l'octroi d'un titre de séjour en tant qu'étranger malade. Par conséquent, la requête de Mme B...A... a été rejetée pour manque de fondement factuel et légal.
Interprétations et citations légales
L'article L. 313-11 11ème du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que la carte de séjour peut être accordée aux étrangers dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale. Il est précisé que :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 11ème : "A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité...".
Dans ce cas, la Cour a interprété cet article en soulignant que les conditions requises pour bénéficier de ce titre de séjour étaient exacerbées par la nécessité de démontrer l'absence de traitement approprié dans le pays d'origine, ce qui n'a pas été prouvé par Mme B...A....
De la même manière, la notion de "conséquences d'une exceptionnelle gravité" a été d'une importance cruciale dans le raisonnement de la Cour, qui a jugé que les certificats médicaux n'établissaient pas cette exigence. Cette interprétation soulève la question de la rigueur des preuves nécessaires pour que l'étranger puisse prétendre à une protection basée sur des raisons de santé, et met en lumière la difficulté d'établir un lien direct entre l'état de santé et la nécessité d'un titre de séjour spécifique.
La décision de la Cour, en confirmant celle du Tribunal administratif, démontre donc une application stricte des conditions légales entourant l'octroi des titres de séjour pour raisons médicales en France.