Résumé de la décision
La Cour administrative d'appel a examiné la requête de M. C..., qui demandait l'annulation d'un jugement du Tribunal administratif de Paris ainsi que des réparations pour préjudices subis due à des allégations de harcèlement et de discrimination. Le ministre des affaires étrangères, en défense, a soutenu la compétence du Tribunal administratif, soulignant que la demande indemnitaire ne relevait pas de la Cour. Après avoir constaté que la demande d'indemnisation, d'un montant de 4 000 euros, ne dépassait pas le seuil de 10 000 euros et ne présentait pas de lien de connexité avec une affaire antérieure, la Cour a décidé de transmettre le dossier au Conseil d'État.
Arguments pertinents
1. Compétence juridictionnelle : La Cour a justifié son incompétence en matière d'indemnisation sur la base des articles R. 811-1 et R. 222-14 du Code de justice administrative, qui prévoient que le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort lorsque la demande d'indemnisation est inférieure à 10 000 euros. Par conséquent : "une telle demande ne ressortit pas à la compétence de la Cour administrative d'appel mais à celle du Conseil d'État, statuant comme juge de cassation”.
2. Transmission au Conseil d'État : En raison du montant demandé et de l'absence de connexité avec un litige déjà jugé, la Cour a décidé de transmettre le dossier au Conseil d'État pour qu'il puisse statuer de manière appropriée.
Interprétations et citations légales
La décision met en avant des interprétations précises des règles de compétence au niveau des juridictions administratives. Selon le Code de justice administrative - Article R. 811-1, un tribunal administratif statue en premier et dernier ressort des demandes d'indemnisation de moins de 10 000 euros. La mention de la règle de connexité est également essentielle, stipulée dans l’Article R. 222-14, qui permet de relier des litiges lorsque leurs décisions peuvent s’influencer mutuellement.
Ces articles régissent la répartition des compétences entre les différents niveaux de juridictions administratives, affirmant qu'une cour administrative d'appel ne peut pas se prononcer sur une demande d'indemnisation qui n'excède pas le seuil fixé et ne présente pas de lien direct avec d'autres litiges déjà tranchés. Cette interprétation souligne ainsi la rigueur procédurale inhérente au système juridictionnel français en matière administrative.
En conclusion, la décision de transmettre le dossier souligne l'importance d'assurer que les demandes soient jugées par la juridiction appropriée, garantissant ainsi le respect de la procédure légale.