Résumé de la décision
M. A... a contesté un jugement du Tribunal administratif de Melun qui avait rejeté sa demande de décharge concernant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des contributions sociales pour les années 2010 et 2011. La Cour a confirmé la décision du tribunal en ce qui concerne les pénalités pour manquement délibéré, tout en notant qu'un dégrèvement des prélèvements sociaux avait été prononcé après l'introduction de la requête d'appel. Par conséquent, la Cour a statué qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur cette partie de la demande. Le surplus des conclusions de M. A... a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Charge de la preuve : La Cour a fondé son analyse sur l’article 1729 du Code général des impôts, qui stipule qu'une majoration de 40 % peut être appliquée en cas de manquement délibéré, précisant qu’il appartient à l’administration de prouver l'intention d'éluder l'impôt. Le jugement souligne que "l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt".
2. Inexactitudes déclaratives : La Cour a noté que M. A... n'a pas contesté la nature insuffisante, inexacte ou incomplète de ses déclarations. Au contraire, l'administration a démontré que les sommes perçues étaient largement supérieures aux revenus déclarés, ce qui suggère une volonté de minorer le montant d’impôt. La Cour a ainsi rejeté la thèse de M. A... sur la prétendue absence de manquement délibéré.
3. Dégrèvement des prélèvements sociaux : La Cour a également pris en compte la décision du 18 avril 2018, selon laquelle un dégrèvement total de 8 538 euros a été prononcé pour les prélèvements sociaux, ce qui a conduit à conclure qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur cette partie de la requête.
Interprétations et citations légales
1. Article 1729 du Code général des impôts : Cet article prévoit que des majorations peuvent être appliquées en cas de manquement délibéré, consolidant la position selon laquelle l'administration doit prouver non seulement l’existence de l’inexactitude mais aussi l’intention de l’éluder. L’article stipule : "Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration [...] entraînent l'application d'une majoration de 40 % en cas de manquement délibéré".
2. Article L. 195 A du livre des procédures fiscales : Cet article précise la responsabilité de l'administration dans la preuve des pénalités, en particulier pour les manquements délibérés. Il indique que "c'est à l'administration qu'incombe [...] la preuve de la mauvaise foi".
3. Conséquences de l'inexactitude des déclarations : La Cour a évalué le lien entre les sommes déclarées et celles effectivement perçues, concluant que : "les sommes perçues excédaient très largement les revenus déclarés des époux A...", ce qui a été un élément décisif dans le constat de manquement délibéré.
En somme, la décision de la Cour illustre l'importance de la preuve dans les litiges fiscaux, et l'obligation de l'administration d'établir la mauvaise foi des contribuables dans les cas de manquement délibéré. Les dégrèvements en matière de prélèvements sociaux ont également montré l'évolution du contentieux fiscal.