Résumé de la décision
La Cour a été saisie par le préfet du Val-d'Oise pour annuler un jugement du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 4 février 2019, qui avait annulé un arrêté préfectoral du 11 décembre 2018. Cet arrêté avait ordonné à M. A..., un ressortissant ivoirien, de quitter le territoire français sans délai en raison de sa situation irrégulière et de son danger de fuite. La décision du Tribunal ayant annulé le refus d'accorder un délai de départ volontaire a été révisée et la Cour a confirmé la légitimité du refus du préfet, considérant que M. A... présentait effectivement un risque de fuite et qu'aucune circonstance humanitaire n'était à prendre en compte.
Arguments pertinents
1. Motivation de la décision préfectorale : La Cour a affirmer que la décision du préfet était suffisamment motivée, comme l'indiquent les exigences du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'occurrence, "la décision contestée... indique que M. A... ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a effectué aucune démarche pour régulariser sa situation administrative."
2. Risque de fuite : La Cour a constaté que M. A... ne justifiait pas d'une entrée légale, ce qui était suffisant pour établir un risque de fuite. Là où M. A... s'était appuyé sur des circonstances atténuantes, la Cour a jugé : "si M. A... se prévaut de la stabilité de sa situation... [les] circonstances qu'il n'a pas fait l'objet d'un placement en rétention administrative... sont sans incidence à cet égard."
Interprétations et citations légales
1. Application de l'article L. 511-1 : La décision repose fortement sur les dispositions de l'article L. 511-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui précise que "l'autorité administrative peut, par une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français" en cas de risque de fuite, notamment s'il "n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour."
2. Justification de la situation irrégulière : La Cour interprète le "risque de fuite" de manière stricte, en considérant que le simple fait de ne pas avoir régularisé sa situation suffit à justifier la décision préfectorale. Cela renforce l'idée que les autorités disposent du pouvoir discrétionnaire, qui doit être exercé dans le cadre de la loi, ici à travers les "circonstances particulières", qui n'étaient pas présentes dans le cas de M. A....
Conclusion
La décision de la Cour d'Appel a annulé l'article premier du jugement du Tribunal administratif et a confirmé la légitimité de l'arrêté préfectoral qui refusait à M. A... un délai de départ volontaire, en se basant sur l'absence de régularisation de sa situation administrative et le risque de fuite potentiel. Cela souligne l'importance des normes légales en matière d'immigration et les obligations qui incombent aux autorités administratives dans le traitement des cas d'étrangers en situation irrégulière.