Résumé de la décision
M.C..., ressortissant tunisien, a demandé à la Cour d'annuler un jugement du Tribunal administratif de Montreuil ainsi qu'un arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis, qui avait refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire en qualité de salarié et lui imposait une obligation de quitter le territoire français. Le 25 juillet 2016, la Cour a rejeté la requête de M.C..., confirmant que l'arrêté préfectoral ne contenait pas d'erreur de droit en raison de l'application des stipulations de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988.
Arguments pertinents
1. Application de l'accord franco-tunisien : La Cour a souligné que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers s'appliquent "sous réserve des conventions internationales", notamment l'accord franco-tunisien. L'article 3 de cet accord régit les conditions d'obtention d'un titre de séjour pour les ressortissants tunisiens souhaitant travailler en France. La décision du préfet de ne pas délivrer le titre de séjour est donc conforme à cette réglementation.
> "les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation".
2. Absence d'erreur manifeste d'appréciation : La Cour a considéré qu'il n'y avait pas d'erreur manifeste d'appréciation dans la décision du préfet, soulignant que M.C... n'avait produit aucun document démontrant son intégration professionnelle et n'établissait pas sa présence en France de manière probante depuis 2011.
Interprétations et citations légales
1. Accord franco-tunisien du 17 mars 1988 - Article 3 : Cet article établit que les ressortissants tunisiens désirant exercer une activité salariée en France doivent obtenir un titre de séjour après la présentation d'un contrat de travail visé par les autorités. Cela conditionne la délivrance de titres de séjour aux seuls ressortissants tunisiens qui remplissent ces critères.
> "Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France... reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable [...]."
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 111-2 : Cet article affirme que les dispositions relatives aux titres de séjour s'appliquent sous réserve des conventions internationales, établissant ainsi la prééminence des accords internationaux sur le droit interne dans ce contexte. Cela a été fondamental pour justifier la réglementation appliquée par le préfet.
3. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Bien que M.C... ait demandé une indemnité sur la base de cet article, la Cour lui a également rejeté cette demande, considérant que ses conclusions n'étaient pas fondées.
En résumé, la décision de la Cour s'appuie sur l'application correcte des stipulations de l'accord franco-tunisien et l'absence d'éléments probants concernant l'intégration de M.C... pour justifier le refus de son titre de séjour.