Résumé de la décision
Dans le cadre d'une procédure devant la Cour, le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS, représenté par son avocat, a demandé l'annulation d'un jugement rendu par le Tribunal administratif de Montreuil qui avait accueilli la demande de Mme A... concernant des titres de recettes. La Cour a décidé de surseoir à statuer sur la requête et de transmettre pour avis la question de droit soulevée au Conseil d'Etat, concernant la validité de la signature d'un bordereau de titres de recettes émis par une personne ayant reçu une délégation régulière.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit sur la motivation des titres : Le DEPARTEMENT de la SEINE-SAINT-DENIS argue que le tribunal de première instance a commis une erreur en admettant que les titres de recettes étaient irréguliers en raison de l'absence de la signature de leur émetteur. La Cour stipule que le bordereau de titre peut être signé par une personne délégataire, cependant, ladite délégation doit être adéquatement mentionnée afin de respecter les exigences légales.
Citation : « le bordereau n'est pas signé par l'émetteur des titres de recettes mais par une délégataire compétemment désignée. »
2. Transmission pour avis au Conseil d'Etat : La question soulevée concernant la signature des titres de recettes est jugée suffisamment complexe pour nécessiter l'avis du Conseil d'Etat. Cette démarche vise à clarifier le droit applicable sur la question de la délégation de signature dans le cadre des titres de recettes.
Citation : « Il y a lieu dès lors, en application des dispositions précitées de l'article L. 113-1 du code de justice administrative, de surseoir à statuer sur la présente requête. »
Interprétations et citations légales
Le désaccord central dans l'affaire repose sur l'interprétation des dispositions de l'article L. 1617-5 du Code général des collectivités territoriales et de l'article 4 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations. Les principaux enjeux juridiques sont :
1. Code général des collectivités territoriales - Article L. 1617-5 : Cet article stipule que les titres de recettes doivent mentionner le nom, prénom et qualité de l’émetteur, et que la signature n'est requise que sur le bordereau en cas de contestation. Cela ouvre la possibilité à ce que la signature puisse être effectuée par un délégataire, tant que ce dernier est mentionné adéquatement dans les documents.
2. Code de justice administrative - Article L. 113-1 : Cet article permet à la Cour de transmettre des questions de droit complexes au Conseil d'Etat pour avis. Les parties ont donc la possibilité d'attendre une clarification qui pourrait influencer des décisions similaires dans des affaires futures.
Citation : « Avant de statuer sur une requête soulevant une question de droit nouvelle, présentant une difficulté sérieuse […] la cour administrative d'appel peut, par une décision qui n'est susceptible d'aucun recours, transmettre le dossier de l'affaire au Conseil d'Etat. »
Cette décision souligne l'importance de la précision dans la validation des documents administratifs tout en illustrant le mécanisme de demande d'avis au Conseil d'Etat dans les cas de complexité juridique.