Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme A..., ressortissante algérienne, conteste le jugement du Tribunal administratif de Montreuil qui a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis, refusant de lui délivrer un certificat de résidence de dix ans. Elle argue qu'elle remplit les conditions prévues par l'article 7 bis de l'accord franco-algérien de 1968 en tant qu'épouse d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence de dix ans. Toutefois, la Cour a confirmé que Mme A... ne justifiait pas des cinq années de résidence régulière ininterrompue requises à la date de la décision.
Arguments pertinents
1. Délivrance de Certificat de Résidence : La Cour souligne que, selon les stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien, la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans est conditionnelle à la preuve de cinq années de résidence régulière ou d'une résidence ininterrompue de trois ans. "Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au … h)".
2. Date de Résidence Régulière : La Cour conclut que, bien que Mme A... ait obtenu l'annulation d'une décision antérieure par un jugement du 21 octobre 2010, ce jugement ne lui confère la qualité de titulaire d'un certificat de résidence qu'à partir du 22 décembre 2010. En conséquence, "à la date du 22 septembre 2014, Mme A… ne justifiait donc pas des cinq années de résidence régulière ininterrompue en France exigées".
Interprétations et citations légales
1. Accord Franco-Algérien : L'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 précise les conditions relatives à la résidence des ressortissants algériens en France. L'interprétation de cet article vise à garantir que la résidence régulière soit vérifiée et respecte les conditions claires de durée. La possibilité d’obtenir un certificat de résidence dépend de la situation légale de la personne concernée dans le pays.
2. Conditions Préalables : Le fait de détenir un certificat de résidence "vie privée et familiale" ne suffit pas à lui seul pour atteindre les cinq ans de résidence régulière ininterrompue exigés. La Cour a mis l'accent sur la nécessaire continuité de la résidence, stipulant que "les conditions de … résidence ininterrompue en France" sont cruciales pour justifier la demande.
3. Code de Justice Administrative : Concernant les conclusions en dommages-intérêts au titre de l'article L. 761-1, la Cour déclare ces demandes irrecevables, s'appuyant sur le principe que "la manière dont est jugée la requête principale est déterminante pour l'issue de ces conclusions" dans le cadre de celle-ci.
Cette décision souligne donc l’importance du respect des conditions légales de résidence pour l’octroi de titres de séjour, en rappelant que les jugements antérieurs n'affranchissent pas automatiquement d'une évaluation rigoureuse des faits actuels.