Résumé de la décision :
Mme B..., une ressortissante tunisienne, a demandé l'annulation d'un jugement du Tribunal administratif de Montreuil qui avait rejeté son recours contre l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis, refusant le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante. Le préfet justifiait sa décision par l'absence de progression dans ses études d'informatique et l'insuffisance de ses ressources. La Cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, rejetant la requête de Mme B... et l'ensemble des conclusions associées.
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Arguments pertinents :
1. Absence de progression dans les études : La Cour souligne que le principal motif du refus de renouvellement du titre est l'absence de progression dans les études de Mme B..., qui n'avait pas réussi à obtenir de diplôme depuis deux ans malgré plusieurs inscriptions en licence. C'est ce motif qui a fondamentalement justifié la décision du préfet : "le préfet... n'a pas commis d'erreur d'appréciation [...] en estimant que Mme B... ne justifiait pas d'une progression dans ses études".
2. Fardeau de la preuve : La Cour rappelle qu'il appartient à l'administration de vérifier la réalité et le sérieux des études poursuivies par un étranger demandant le renouvellement de son titre de séjour étudiant. Ce principe est affirmé dans le cadre légal applicable : "le renouvellement du titre suppose que les études soient suffisamment sérieuses".
3. Inadéquation des arguments sur les ressources : La Cour conclut que même à supposer que Mme B... dispose de ressources suffisantes, cela n’affecte pas la légalité de l’arrêté pris, car la décision repose avant tout sur l’évaluation des progrès académiques.
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Interprétations et citations légales :
1. Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile - Article L. 313-7 : Cet article établit que "la carte de séjour temporaire accordée à l'étranger [...] qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention 'étudiant'". La Cour interprète cette disposition comme conditionnant non seulement l'existence de ressources suffisantes, mais aussi le sérieux des études poursuivies, précisant que la progression dans ces études doit être significative et cohérente.
2. Contrôle de l’administration : Dans cette affaire, il est affirmé que "l'administration doit apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études", soulignant ainsi la dimension juridique qui encadre les décisions administratives relatives aux titres de séjour.
3. Conséquences de l’absence de diplôme : Le rejet de la requête est renforcé par l'absence de tout diplôme obtenu par Mme B... à la date de la décision. La Cour souligne que malgré son inscription à plusieurs formations, elle n'a pas démontré une progression suffisante dans son cursus : "sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le coordinateur pédagogique [...] atteste la détermination de celle-ci".
En somme, la décision mise en avant expose clairement les principes qui régissent le renouvellement des titres de séjour pour études, en procédant à une analyse rigoureuse des conditions nécessaires, tant sur le plan des résultats académiques que des moyens de subsistance.