Résumé de la décision
M. A..., ressortissant algérien, a demandé à la Cour l'annulation d'un jugement du Tribunal administratif de Montreuil qui avait rejeté sa demande de certificat de résidence, ainsi que l'annulation de l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 19 mai 2015, qui lui refusait cette demande et l'obligeait à quitter le territoire français. La Cour a confirmé la légalité de la décision du préfet en estimant que celui-ci avait suffisamment motivé son refus et avait correctement examiné la situation personnelle de M. A..., qui ne répondait pas aux critères pour obtenir le certificat de résidence.
Arguments pertinents
1. Motivation de la décision: La Cour a constaté que l'arrêté préfectoral mentionne les textes légaux en vigueur et explique les raisons pour lesquelles M. A. ne peut pas obtenir le certificat de résidence, en particulier son statut de célibataire sans famille à charge en France. La décision précise que M. A. n'a pas produit un contrat de travail soumis à l'approbation des autorités françaises, ni effectué la visite médicale requise.
Citation pertinente : "la décision refusant à l'intéressé un titre de séjour vise les textes dont elle fait application."
2. Examens de la situation personnelle: La Cour a affirmé que le préfet a bien pris en compte la situation personnelle de M. A. dans sa décision, bien qu'il n'ait pas jugé opportun de lui accorder une régularisation. L'argument selon lequel les liens familiaux de l’intéressé en France auraient dû influencer la décision a été rejeté.
Citation pertinente : "il ressort des éléments de motivation retenus par le préfet que ce dernier a bien procédé à l'examen complet de la situation de M. A...."
3. Application de l'article L. 313-14: La Cour a statué que l'article L. 313-14 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne s'applique pas aux ressortissants algériens, car leur situation est régie par l'accord franco-algérien. M. A. ne pouvait donc pas revendiquer les droits issus de cet article pour justifier sa demande.
Citation pertinente : "cet article, dès lors qu'il est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, ne s'applique pas aux ressortissants algériens."
Interprétations et citations légales
1. Accord franco-algérien du 27 décembre 1968: Cet accord régit spécifiquement la situation des ressortissants algériens en matière de séjour, et, selon la décision, les dispositions de l'article L. 313-14 ne sont pas applicables. Cela souligne l'importance des règles spécifiques qui prévalent sur des dispositions plus générales.
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-14: Cet article stipule que des cartes de séjour temporaires peuvent être délivrées pour des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels. Cependant, la décision établit que cette possibilité ne s'applique pas à M. A.
Citation pertinente : "la situation a d'ailleurs été examinée par le préfet au titre de son pouvoir de régularisation exceptionnelle, ne peut utilement revendiquer le bénéfice des dispositions de l'article L. 313-14."
3. Légalité de l'obligation de quitter le territoire: Bien que le préfet n'ait pas précisé le fondement légal de l'obligation de quitter le territoire, la Cour a estimé que cela n'affectait pas la légalité de la décision, soulignant que l'absence de précision ne rend pas la décision illégale.
Citation pertinente : "une telle omission est, en tout état de cause, sans influence sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour."
Dans l'ensemble, la décision réaffirme l'importance de la motivation des décisions administratives et des spécificités légales qui s'appliquent à des catégories particulières de ressortissants, tout en illustrant le principe d’équilibre entre l’autorité administrative et les droits des étrangers en matière de séjour.