Résumé de la décision
M. B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Rennes de suspendre un arrêté du préfet du Morbihan qui rendait obligatoire le port du masque dans toutes les agglomérations du département pour lutter contre l'épidémie de covid-19. Le juge a rejeté sa demande par une ordonnance datée du 26 mai 2021, motif pour lequel M. B... a formé un appel. La cour a confirmé cette décision en estimant que l'obligation de porter un masque, bien que générale, ne portait pas atteinte de manière grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales.
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Arguments pertinents
1. Compétence du préfet : Le juge a confirmé que le préfet était compétent pour signer l'arrêté, rejetant l'argument de M. B... selon lequel la signature de l'arrêté par un préfet n'étant plus en fonction depuis le 19 mai 2021 serait illégale, affirmant que "la circonstance que le préfet signataire ait la veille été nommé dans un autre poste... est sans incidence sur l'exercice de ses fonctions".
2. Situation sanitaire et proportionnalité : Concernant la situation sanitaire et l’impact du port du masque, le juge a jugé que "la contrainte individuelle que représente ce port apparaît relativement légère" par rapport aux exigences de lutte contre l'épidémie. Par conséquent, l'argument selon lequel l'obligation de port du masque était disproportionnée a été rejeté.
3. Urgence et durée de mesure : Le juge a également noté que la suspension de l'arrêté eût été inutile, puisque l'arrêté prenait fin le 1er juin. Par conséquent, l'atteinte à la liberté d'aller et venir n'était pas suffisante pour établir l'urgence.
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Interprétations et citations légales
1. L'article L. 521-2 du code de justice administrative stipule que le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires pour la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public a porté une atteinte grave et manifestement illégale. La cour a appliqué cet article pour évaluer si M. B... remplissait les conditions d'urgence et de gravité.
2. Exigences de lutte contre l'épidémie : Le juge a estimé que le port du masque contribuait "efficacement" à la lutte contre la propagation du virus alors même que le taux de vaccination n'était pas encore suffisant pour en empêcher la diffusion, créant ainsi un lien direct entre la mesure prise et l’objectif de santé publique. Cela renvoie aux articles L. 3131-15 et L. 3131-17 du code de la santé publique, qui confèrent au préfet des pouvoirs en matière de santé publique.
3. Absence de preuves sur l'inutilité du port du masque : La cour a relevé que M. B... n'a pas fourni d'éléments suffisants pour prouver l'inutilité du port du masque en extérieur, notant que le juge des référés avait déjà pris en compte des données récentes dans sa décision antérieure.
En résumé, la décision souligne la légitimité des mesures sanitaires en période de crise, tout en préservant le cadre légal qui permet aux autorités de prendre de telles décisions, notamment dans le cadre de la lutte contre la pandémie de covid-19.