Résumé de la décision
La décision concerne une requête présentée par M. A... devant le Conseil d'État, contestant la légalité de plusieurs mesures prises dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire lié à la pandémie de COVID-19. M. A... soutient que ces mesures portent atteinte à plusieurs libertés fondamentales, notamment la liberté d'aller et venir, la liberté de travailler, la liberté de réunion, la liberté de culte, ainsi que les droits liés à l'action syndicale et politique. Il demande également au Conseil d'État de renvoyer une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) au Conseil constitutionnel concernant la conformité de l'article L. 3131-15 du code de la santé publique. Le Conseil d'État rejette à la fois la demande de QPC pour son manque de caractère sérieux et la requête en référé, considérant qu'elle est imprécise et sans rapport avec l'urgence invoquée.
Arguments pertinents
1. Sur la question prioritaire de constitutionnalité :
- M. A... estime que les dispositions de l'article L. 3131-15 du code de la santé publique, qui permettent au Premier ministre de prendre des mesures en cas d'état d'urgence, sont contraires aux articles 34 et 38 de la Constitution.
- Le Conseil d'État rejette la QPC, indiquant que celle-ci "ne présente pas de caractère sérieux". Selon l'article 23-5 de l'ordonnance n° 58-1067, une QPC doit être renvoyée au Conseil constitutionnel si elle est applicable et nouvelle, ce qui n’est pas le cas ici.
2. Sur le litige en référé :
- M. A... demande la suspension exécutoire de plusieurs décrets liés à la gestion de l'épidémie, mais sa requête est jugée imprécise et l'urgence non justifiée. Le juge des référés précise que "l'urgence invoquée est sans rapport avec les décrets contestés".
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article L. 521-2 du code de la justice administrative :
- Cet article permet à un juge des référés d’ordonner des mesures pour sauvegarder une liberté fondamentale en cas d'atteinte grave et manifestement illégale. Toutefois, le Conseil d'État souligne que la requête de M. A... ne satisfait pas cette condition.
2. Interprétation des conditions de la QPC selon l'article 23-5 de l'ordonnance n° 58-1067 :
- La QPC doit être applicable au litige, non déclarée conforme précédemment, et présenter un caractère sérieux. Dans cette affaire, le Conseil d'État conclut que "la question prioritaire de constitutionnalité soulevée [...] ne présente pas de caractère sérieux."
Citations légales pertinentes
- Code de la santé publique - Article L. 3131-15 : Ce texte autorise le Premier ministre à prendre certaines mesures en cas d'état d'urgence sanitaire, mais n'est pas jugé suffisamment précis pour justifier une QPC.
- Code de justice administrative - Article L. 521-2 : "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale..."
- Ordonnance n° 58-1067 - Article 23-5 : "Le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé [...] à l'occasion d'une instance devant le Conseil d'Etat [...]."
Ainsi, la décision conteste la validité des accusations de M. A... sans relever de manquement manifeste aux droits et libertés constitutionnels.