Résumé de la décision
Cette affaire concerne la candidature de Mme A..., conseillère à la cour d'appel d'Agen, qui a contesté la décision du ministre de la justice de ne pas la présenter au Conseil supérieur de la magistrature pour un poste "hors hiérarchie". Mme A... et le syndicat de la magistrature ont demandé la suspension de cette décision, arguant qu'elle portait préjudice à la carrière de Mme A..., notamment en raison de son départ à la retraite imminent en fin d'année 2019. Cependant, le juge des référés a rejeté leur requête en considérant que les condition d'urgence n'étaient pas remplies.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de la requête : Le juge a d'abord confirmé que la requête était recevable, car la décision contestée pouvait faire grief à la requérante.
2. Conditions d'urgence : La demande de suspension a été rejetée car, malgré les arguments avancés, "le retard apporté à une éventuelle promotion" et d'autres préoccupations "ne caractérisent pas en eux-mêmes une situation d'urgence".
3. Doute sérieux quant à la légalité : Bien que les requérants aient soulevé des doutes concernant la légalité de la décision, notamment une discrimination syndicale, le juge a conclu que ces moyens n'étaient pas suffisants pour établir une situation d'urgence.
4. Application de l'article L. 521-1 : Le juge a appliqué l'article L. 521-1 du Code de justice administrative, qui stipule que la suspension d'une décision administrative doit être ordonnée lorsque l'urgence le justifie et qu'il existe des doutes sérieux sur la légalité de la décision. En l'espèce, ces conditions n'étaient pas remplies.
Interprétations et citations légales
1. Condition d'urgence : L'article L. 521-1 du Code de justice administrative précise que “le juge des référés... peut ordonner la suspension de l'exécution de [la] décision” lorsque “l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.” Cela indique que les deux conditions (urgence et doute sérieux) doivent être cumulativement remplies pour justifier la suspension.
2. Rejet en vertu de l'article L. 522-3 : Le juge a noté que, selon l'article L. 522-3 du même code, il pourrait rejeter la requête sans instruction contradictoire lorsque celle-ci est manifestement irrecevable ou mal fondée. Cela souligne la capacité du juge à trancher rapidement lorsque les prudences exigées par le droit ne sont pas respectées.
Conclusion
Ainsi, malgré les arguments solides avancés par Mme A... et le syndicat, le juge a jugé que les conditions d'urgence et de légalité nécessaires pour suspendre la décision n'étaient pas remplies. Le rejet de la requête démontre l'importance des exigences procédurales en matière de justice administrative, ainsi que le soin que doit apporter le juge dans l'évaluation des situations d'urgence.