Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme C... a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Paris pour demander la délivrance d’un document de circulation ou, à défaut, d’un visa de retour pour son fils A..., estimant que le refus du préfet de police constituait une atteinte grave à ses libertés fondamentales. Le juge a rejeté sa demande, et Mme C... a interjeté appel de cette décision. Le tribunal a confirmé le jugement initial en considérant que la situation de l’enfant, bien que liée à l’irrégularité du séjour de ses parents, ne portait pas atteinte à ses droits fondamentaux.
Arguments pertinents
1. Situation de légalité : Le juge des référés a souligné que "le jeune A...n'était en aucune manière empêché de rejoindre, avec ses parents, sa grand-mère souffrante en Algérie", déduisant que la décision du préfet ne nuisait pas à son droit à une vie familiale normale ni à sa liberté d'aller et venir.
2. Absence d'atteinte grave : Il a été établi que l'incapacité de retour de l'enfant en France ne constituait pas une atteinte grave à ses libertés fondamentales. Le juge a affirmé que “cette situation, née de l'irrégularité initiale des conditions de maintien de ses parents en France, ne porte pas plus par elle-même une atteinte grave” à ces libertés.
3. Inadéquation aux exigences de la convention : Le juge a également conclu que, selon l'article 10 de la convention franco-algérienne, aucun des critères requis pour la délivrance du document de circulation au jeune A... n’était satisfait. "L'article 10 de la convention franco-algérienne ne prévoit l'attribution de titres de circulation aux mineurs algériens que dans différentes hypothèses de durée et de régularité de séjour".
Interprétations et citations légales
1. Application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
- Cet article permet au juge des référés de protéger une liberté fondamentale en cas d’atteinte grave et manifestement illégale de la part d'une autorité administrative.
- Le juge a conclu que la condition d’un autre moyen de protection n’était pas applicable dans ce cas, se basant sur des éléments factuels clairs.
2. Critères d’attribution selon la convention :
- La décision fait référence à l’article 10 de la convention franco-algérienne qui impose des conditions strictes pour l'attribution de titres de circulation. Cela a été interprété comme un refus de délivrer le document en l'absence des critères requis pour le jeune A..., confirmant la légalité de la décision du préfet.
3. Impossibilité de statuer sur l'urgence :
- Bien que la condition d'urgence n’ait pas été examinée, le juge a clairement établit que, compte tenu des circonstances, il n'était pas nécessaire d'évaluer cet aspect, soulignant que la requête de Mme C... était mal fondée.
En somme, la décision du tribunal administratif a reposé sur une appréciation rigoureuse des faits et des règles de droit en présence, confirmant le refus d'attribuer les documents demandés à cause des irrégularités dans la situation migratoire des demandeurs.