Résumé de la décision
La décision concerne le pourvoi en cassation de la société Eoliennes en mer îles d'Yeu et de Noirmoutier contre un jugement rendu par le tribunal administratif de Paris le 7 avril 2016. Ce jugement avait ordonné à la Commission de régulation de l'énergie de transmettre des documents à l'association Non aux éoliennes entre Noirmoutier et Yeu. La société requérante a soutenu que ce jugement violait ses droits, en ce que les documents en question pourraient contenir des secrets protégés par la loi. Le Conseil d'État a jugé que le pourvoi de la société était recevable mais que les conditions de sursis à exécution n'étaient pas remplies, et a donc rejeté ses conclusions.
Arguments pertinents
1. Recevabilité du pourvoi : La décision souligne que "la personne qui (...) est régulièrement intervenue en défense, n'est recevable à se pourvoir en cassation contre le jugement rendu (...) que lorsqu'elle aurait eu qualité, à défaut d'intervention de sa part, pour faire tierce-opposition contre le jugement". La société requérante a été reconnue comme ayant un droit pouvant être préjudicié par le jugement, ce qui justifie la recevabilité de son recours.
2. Conditions de sursis à exécution : La décision précise que selon le Code de justice administrative - Article R. 821-5, le sursis à exécution ne peut être accordé que si "la décision risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables". Bien que la communication des documents soit jugée irréversible, les moyens soulevés par la société Eoliennes n'ont pas été considérés suffisants pour justifier l'infirmation de la solution retenue par les juges du fond.
3. Rejet de la demande de sursis : Malgré un risque de conséquences difficilement réparables, le Conseil d'État a conclu que "aucun des moyens soulevés n'est de nature à justifier, outre l'annulation du jugement du 7 avril 2016, l'infirmation de la solution retenue par les juges du fond".
Interprétations et citations légales
- Code de justice administrative - Article R. 821-5 : Cet article établit les conditions sous lesquelles un pourvoi peut obtenir un sursis à exécution. Il est précisé que le sursis requiert la preuve d’un risque de conséquences difficiles à réparer ainsi que la présence de moyens sérieux justifiant l'infirmation de la décision. La décision souligne ce point en affirmant que la seconde condition n'est pas remplie.
- Droit à la défense : La décision évoque également le droit de la société à être entendue concernant la protection de ses secrets, illustrant l'importance du respect des droits des parties dans le cadre des procédures administratives.
En somme, bien que le Conseil d'État ait reconnu la recevabilité du pourvoi de la société Eoliennes en mer îles d'Yeu et de Noirmoutier, il a néanmoins rejeté sa demande de sursis à l'exécution du jugement du 7 avril 2016, considérant que les arguments avancés ne remplissaient pas les critères légaux requis pour justifier une telle mesure.