Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. et Mme B..., associés d'une SCI dénommée Edouard Ier, contestent la remise en cause par l'administration fiscale de l'imputation de déficits fonciers sur leurs revenus de 2008. Suite à un jugement du tribunal administratif de Versailles qui a rejeté leur demande, ils ont obtenu gain de cause de la cour administrative d'appel de Versailles qui a réduit leur base imposable. Le ministre des finances se pourvoit en cassation contre cet arrêt. Toutefois, le Conseil d'État rejette le pourvoi, confirmant que l'administration ne peut pas contester l'imputation des déficits fonciers sur les revenus fonciers des B... pour l'année 2008, et condamne l'État à verser une indemnité à M. B... au titre des frais d'avocat.
Arguments pertinents
1. Imputation des déficits fonciers : La décision souligne que, selon l'article 156 du Code général des impôts, les déficits fonciers peuvent être imputés sur les revenus fonciers des années suivantes, après qu'un immeuble ait été vendu. Le Conseil d'État a affirmé que cette imputation est valable même après la vente si l'immeuble n'est plus mis en location : "lorsque l'immeuble n'est plus mis en location... les déficits indûment imputés sur le revenu global... peuvent alors être imputés sur l'ensemble des revenus fonciers de l'année...".
2. Absence d'erreur de droit : La cour de Versailles n'a pas commis d'erreur de droit en jugeant que l'administration fiscale ne pouvait pas contester l'imputation des déficits au titre des revenus de 2008 après la vente de l'immeuble en 2005. Le Conseil d'État conclut que "la cour administrative d'appel de Versailles n'a pas entaché son arrêt d'une erreur de droit".
Interprétations et citations légales
1. Définitions des déficits fonciers : La cour interprète les dispositions de l'article 156 I du Code général des impôts en établissant le cadre général de l'imputation des déficits, en précisant que "les déficits fonciers... s'imputent exclusivement sur les revenus fonciers des dix années suivantes", et en définissant des exceptions pour les intérêts d'emprunt.
2. Cas de non-location : Le Conseil d'État insiste sur la restriction de la possibilité d'imputation des déficits lorsque l'immeuble n'est plus loué. L'article 156 précise que "lorsque le propriétaire cesse de louer un immeuble... le revenu foncier... est reconstitué selon les modalités prévues". Cela constitue une spécificité essentielle pour comprendre le droit fiscal applicable à la situation des B....
3. Références à la loi de 1993 : La validité des arguments des B... est confortée par les travaux préparatoires de la loi n° 93-859 du 22 juin 1993, qui éclairent le contexte juridique et l'intention du législateur concernant l'imputation des déficits.
En somme, la décision du Conseil d'État clarifie l'application des dispositions fiscales relatives aux déficits fonciers et renforce la protection du contribuable lorsqu'il engage des recours contre l'administration fiscale en matière d'impositions sur le revenu.