Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant la société Le Cannet Maurice Jean Pierre à la commune du Cannet, le Conseil d'État a annulé l'arrêt du 21 juin 2018 de la cour administrative d'appel de Marseille, qui avait rejeté la demande de la société visant à annuler l'arrêté du 17 décembre 2013 par lequel le maire du Cannet avait refusé de délivrer un permis de construire. La Haute Juridiction a jugé que la cour d'appel avait commis une erreur de droit en appliquant les règles de mesure de la hauteur des constructions d'une manière non conforme aux dispositions du plan local d'urbanisme. En conséquence, l'affaire a été renvoyée devant la cour d'appel, et la commune du Cannet a été condamnée à verser 3 000 euros à la société au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit : Le Conseil d'État a relevé que la cour d'appel a mesuré la distance de retrait de la façade de la construction projetée en se fondant sur des dispositions qui ne s'appliquaient pas à la question en litige. En effet, le raisonnement de la cour d'appel reposait sur une interprétation erronée du règlement du plan d'occupation des sols.
- "En statuant ainsi alors que cet article n'était pas applicable à la question en litige, elle a commis une erreur de droit."
2. Distinction des articles : Le Conseil a souligné la distinction claire entre l'article UC 7, qui concerne l'implantation des constructions, et l'article UC 10, qui porte sur la mesure des hauteurs. Cela souligne que ces dispositions, bien que souvent liées, régissent des aspects différents du droit de l'urbanisme.
3. Remise en cause de la décision administrative : En annulant l'arrêt de la cour d'appel, le Conseil d'État a affirmé la légitimité de la demande de la société. Cela démontre que les autorités administratives doivent se conformer strictement aux règles établies en matière d'urbanisme, sinon leurs décisions s'exposent à l'annulation.
Interprétations et citations légales
- Interprétation de l'article UC 7 : Cet article fixe les conditions de retrait des constructions par rapport aux limites séparatives. Dans le présent cas, il stipule clairement que "toute construction doit être éloignée des limites séparatives [...] d'une distance au moins égale à la moitié de sa hauteur." Il est donc clair que la mesure de cette "hauteur" doit être spécifiquement adaptée à ces conditions.
- Interprétation de l'article UC 10 : Cet article indique comment mesurer la hauteur des constructions au sens du règlement, en affirmant que la "hauteur totale de toutes constructions, toutes superstructures comprises, est mesurée du point le plus haut de la construction, à son point le plus bas au niveau du terrain naturel." Cependant, cette mesure ne doit pas être utilisée pour des questions liées à la configuration des distances de retrait, comme le souligne la décision.
Ces dispositions montrent que les règles d'urbanisme doivent être strictement interprétées et appliquées par les autorités locales. L'ambiguïté dans leur application peut conduire à des décisions erronées, pouvant être contestées devant le juge administratif, comme cela a été le cas ici.
Conformément aux résolutions légales classiques, cette décision souligne également l'importance de la clarté dans les règlements d'urbanisme, afin d'éviter des interprétations erronées et des affectations injustes aux droits des parties impliquées.