Résumé de la décision
Cette décision concerne une contestation sur la légalité d'un arrêté ministériel du 15 juin 2011, qui a agréé des accords d'application relatifs à la convention d'indemnisation du chômage du 6 mai 2011. M. B... a saisi le Conseil d'État, à titre préjudiciel, après que la cour d'appel d'Aix-en-Provence a suspendu sa décision dans une affaire l'opposant à Pôle emploi. Il contestait spécifiquement la légalité d'un paragraphe d'un accord qui stipule que les périodes d'activité non déclarées ne sont pas prises en compte pour la réadmission à l'assurance chômage. Le Conseil d'État a déclaré que cet arrêté était illégal en ce qui concerne ce troisième paragraphe de l'accord n° 9, affirmant que les parties à l'accord n'avaient pas compétence pour réduire les droits des demandeurs d'emploi en cas de non-déclaration.
Arguments pertinents
1. Compétence des organisations représentatives : « En vertu de l'article L. 5422-20 du code du travail, il appartient aux organisations représentatives de fixer les mesures d'application. » Le Conseil d'État a rappelé que les accords d'application des dispositions relatives à l'assurance chômage ne peuvent pas contredire les dispositions légales qui déterminent les droits.
2. Impossibilité de réduire les droits des travailleurs : Selon le Conseil d'État, « les parties à l'accord n'étaient pas compétentes pour prévoir une réduction des droits des travailleurs privés d'emploi » en raison de la non-déclaration d'une période d'activité. Cela aboutit à la conclusion que le troisième paragraphe de l'accord n° 9 ne pouvait légalement être agréé.
3. Nature des conventions d'assurance chômage : La décision souligne que « l'entrée en vigueur des conventions d'assurance chômage est subordonnée à l'intervention d'un arrêté ministériel d'agrément. » Ainsi, même si ces conventions ont un caractère de droit privé, leur légitimité dépend d'un acte administratif.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 5422-20 du Code du travail : Cet article stipule que les mesures d'application relatives à l'assurance chômage sont à définir par accord entre les organisations d'employeurs et de salariés, sauf exceptions. Le Conseil d'État a interprété cela comme limitant la capacité de ces organisations à modifier substantiellement les droits consacrés par la loi.
2. Article L. 5426-9 du Code du travail : Ce texte mentionne que « Un décret en conseil d'Etat détermine les modalités d'application » des sanctions prévasés pour les manquements des demandeurs d'emploi, signifiant que c’est le législateur et non les parties à l’accord qui détiennent ce pouvoir. Cela clairifie la séparation des compétences entre les conventions collectives et la réglementation établie par le législateur.
3. Implication sur l'arrêté ministériel : Le Conseil d'État conclut que l'arrêté du ministre du travail est « illégal en tant qu'il agrée les stipulations du troisième paragraphe de l'accord d'application n° 9 », ce qui souligne l'importance de la conformité des accords d'application aux dispositions légales existantes.
En conclusion, cette décision marque une limite claire à la capacité des partenaires sociaux à influencer le cadre légal relatif à l'indemnisation du chômage, renforçant la prééminence des dispositions légales sur les accords collectifs dans ce domaine.