Résumé de la décision
La Fédération nationale de l'Équipement et de l'Environnement CGT (FNEE CGT) et d'autres requérants ont contesté un décret du 17 juillet 2018, qui maintenait aux inspecteurs des affaires maritimes, intégrés dans le corps des ingénieurs des travaux publics, leur régime indemnitaire antérieur. Ils ont demandé l'annulation de cette décision pour excès de pouvoir, arguant que cette différence de traitement ne reposait sur aucune disparité de situation. Le Conseil d'État a rejeté leur requête, considérant que la différence de traitement était justifiée par un motif d’intérêt général lié à la réorganisation du corps et à la future réforme du régime indemnitaire des ingénieurs des travaux publics.
Arguments pertinents
1. Égalité de traitement : Le Conseil d'État a affirmé que "l'égalité de traitement à laquelle ont droit les agents d'un même corps ne s'oppose pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes". Cela suggère que les différences de traitement peuvent être acceptées lorsqu'elles sont justifiées par des raisons objectives ou d'intérêt général.
2. Maintenance des régimes indemnitaires : Il a été reconnu que le maintien des régimes indemnitaires pour les inspecteurs des affaires maritimes était lié à leur intégration et à une réforme imminente. La décision conclut que "ces éléments constituent, à la date du décret attaqué, un motif d'intérêt général justifiant la différence de traitement contestée".
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs textes législatifs, notamment des décrets concernant les corps d'agents publics:
- Décret n° 2003-799 du 25 août 2003 ;
- Décret n° 2012-1494 du 27 décembre 2012 ;
- Décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- Décret n° 2018-282 du 18 avril 2018 ;
- Code de justice administrative.
Le raisonnement du Conseil d'État se fonde sur le principe selon lequel "la différence de traitement qui en résulte doit être en rapport avec l'objet de la norme qui l'établit", ce qui signifie que des exceptions peuvent être légitimes si elles poursuivent un but spécifique et légitime.
Ainsi, le Conseil d'État a clairement indiqué que les motifs d'intérêt général qui justifient la différence de traitement incluent "la création de corps interministériels ou ministériels par la fusion de corps existants". Ces éléments sont décisifs dans l'analyse de la légalité des règlements intervenus dans le cadre des fonctions publiques.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté la requête, considérant que les dispositions contestées ne méconnaissaient pas le principe d'égalité, et a affirmé que la demande d'annulation était donc sans fondement juridique valide.