Résumé de la décision
Le litige concerne M. B..., brigadier-chef de police, qui a demandé l'annulation d'une décision implicite du préfet de Mayotte rejetant sa demande de bénéfice d'une majoration de traitement à partir du 1er mai 2015, conformément au décret n° 2013-964. Le tribunal administratif de Mayotte a initialement donné raison à M. B..., enjoignant à l'administration d'accorder cette majoration jusqu'à la fin de son affectation à Mayotte. Toutefois, le ministre de l'Intérieur a contesté cette décision, et le Conseil d'État a finalement annulé l'ordonnance du tribunal administratif, considérant qu'il y avait une erreur de droit dans la prolongation de la majoration au-delà du 1er septembre 2015, date d'entrée en vigueur d'un nouveau décret.
Arguments pertinents
1. Refus du préfet : La décision initiale du préfet de Mayotte a été rejetée par le tribunal administratif, qui a considéré que le refus d'accorder la majoration de traitement à M. B... était illégal, fondant son jugement sur l’abrogation de la règle de non-cumul des indemnisations avec l'entrée en vigueur du décret du 1er juillet 2015.
2. Cumul des indemnisations : Selon le tribunal, jusqu'à ce que le décret du 1er juillet 2015 entre en vigueur, M. B... avait le droit de bénéficier de la majoration. Toutefois, ce droit était limité dans le temps, s'arrêtant avec l’entrée en vigueur du nouveau décret.
3. Erreur de droit : La décision du tribunal constatant l'illégalité du refus a été annulée par le Conseil d'État, qui a identifié une erreur dans la prolongation indéfinie de la majoration à M. B..., la rendant ainsi en dehors des limites prévues.
Interprétations et citations légales
1. Décret n° 2015-804 : Le I de l'article 2 du décret stipule que "les fonctionnaires actifs des services de la police nationale [...] affectés à Mayotte avant l'entrée en vigueur du présent décret conservent [...] le bénéfice de l'indemnité spéciale d'éloignement" mais de façon transitoire. Ceci souligne que les droits à cette majoration sont conditionnés par l'entrée en vigueur de réglementations subséquentes.
2. Article R. 811-1 du Code de justice administrative : Cet article, qui encadre les procédures devant le tribunal administratif, a été pris en compte par le tribunal pour justifier l'annulation de la décision du préfet.
3. Décret n° 2013-965 : Le deuxième alinéa du I de l'article 2 affirme que "les fonctionnaires actifs [...] ne bénéficient pas de la majoration de traitement [...]". Cela a été essentiel pour délimiter les droits de M. B... à compter de l'application du décret de 2015.
Le Conseil d'État conclut, en annullant l'ordonnance du tribunal administratif au motif que l'injonction à l'administration d'accorder la majoration de traitement était illégale au-delà du 1er septembre 2015, marquant ainsi une clarification importante sur la question du cumul des indemnisations sous les textes concernés.