Résumé de la décision
La décision porte sur la contestation par M. B..., brigadier-chef de police, de la décision implicite du préfet de Mayotte rejetant sa demande de bénéfice d'une majoration de traitement à partir du 1er juillet 2013, en vertu du décret n° 2013-964. Le tribunal administratif de Mayotte a annulé ce rejet, ordonnant à l'administration d'accorder au requérant la majoration jusqu'à la fin de son affectation à Mayotte. Cependant, le ministre de l'intérieur a demandé l'annulation de cette ordonnance concernant la durée de l'injonction, ce qui a été accepté. En effet, la durée du bénéfice de la majoration était limitée à la date d'entrée en vigueur du décret du 1er juillet 2015, soit le 1er septembre 2015.
Arguments pertinents
Un des arguments clés de la décision se base sur une interprétation des décrets en vigueur, notamment du décret du 1er juillet 2015, qui stipule une règle de non-cumul des indemnités et majorations. Le Tribunal a jugé que :
- "Il suit de là que c'est sans erreur de droit que le tribunal administratif a jugé qu'était illégal le refus d'accorder au requérant le bénéfice de la majoration de traitement tant que n'était pas entré en vigueur le décret du 1er juillet 2015."
En revanche, cette décision a été infirmée pour excès de pouvoir en ce qui concerne le terme de l’injonction, rendant l’ordonnance initiale illégale au-delà du 1er septembre 2015.
Interprétations et citations légales
Les interprétations des décrets en question illustrent la complexité du droit administratif concernant les droits des fonctionnaires à Mayotte. L'article 2 du décret du 1er juillet 2015 stipule :
- "I.- A titre transitoire, les fonctionnaires actifs des services de la police nationale... ne bénéficient pas de la majoration de traitement prévue par le décret n° 2013-964 du 28 octobre 2013..."
Cela signifie qu’après l’entrée en vigueur du décret du 1er septembre 2015, les droits de M. B... à la majoration de traitement ont pris fin.
En vertu de l'article R. 811-1 du Code de justice administrative, la décision indique que le tribunal ne peut pas aller au-delà des conclusions formulées par le requérant. La décision précise :
- "...en enjoignant à l'administration d'accorder au requérant le bénéfice de la majoration de traitement instituée... jusqu'à la fin de son affectation à Mayotte sans en avoir limité la durée...", cela a constitué une erreur de droit.
En synthèse, cette décision illustre les enjeux de l'application des textes réglementaires dans un contexte particulier comme celui de Mayotte et la nécessité d'une interprétation précise des droits et des limites imposées par ces textes.