Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. et Mme B... ont demandé l'annulation d'un arrêté de la cour administrative d'appel de Paris qui avait rejeté leur appel suite à la décision du tribunal administratif de Melun. L'objet du litige était la délibération du conseil municipal de Nogent-sur-Marne qui avait partiellement classé leur parcelle en "secteur d'intérêt paysager" dans le cadre du Plan Local d'Urbanisme (PLU). Le Conseil d'État a déclaré fondées les demandes de M. et Mme B..., annulant l'arrêt de la cour administrative d'appel et renvoyant l'affaire à cette cour. Le Conseil d'État a également condamné la commune de Nogent-sur-Marne à verser 2 500 euros à M. et Mme B... au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit : La cour administrative d'appel de Paris a commis une erreur en écartant le moyen de M. et Mme B... concernant les dispositions de l'article 6 du règlement du PLU. La cour a affirmé que les "équipements sportifs et socioculturels" seraient autorisés, sans toutefois vérifier la validité de l'allégation, ce qui constitue une méconnaissance des objectifs de protection des espaces en cause.
- Citation : « la cour a entaché son arrêt d'une erreur dans la citation des dispositions invoquées dont il résulte une erreur de droit. »
2. Application du code de l’urbanisme : Le Conseil d'État a rappelé les dispositions pertinentes du code de l'urbanisme, en particulier celles concernant la définition et la protection des secteurs d'intérêt paysager, soulignant que le PLU doit établir des règles en cohérence avec les objectifs de protection des espaces naturels et paysagers.
- Citation : « le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales... pouvant notamment comporter l'interdiction de construire. » (Code de l'urbanisme - Article L. 123-1-5).
Interprétations et citations légales
L'analyse des textes législatifs appliqués dans cette décision montre deux principaux axes d'interprétation :
1. Objectif de protection environnementale : Le code de l'urbanisme, à travers l'article L. 151-19(ancien L. 123-1-5), ordonne que des secteurs soient identifiés pour leur intérêt paysager, interdisant tout aménagement pouvant nuire à leur intégrité. Cela signifie que toute autorisation de construction ou d'aménagement dans ces secteurs doit respecter des critères stricts garantissant la préservation de l'espace naturel.
- Citation : « identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les... secteurs à protéger... » (Code de l'urbanisme - Article L. 123-1-5).
2. Normes de rédaction et d'application des règlements : L'affirmation du Conseil d'État souligne l'importance d'une application rigoureuse des règlements du PLU. La décision de la cour administrative d'appel était fondée sur une interprétation erronée des règles de droit en vigueur, ce qui est inacceptable dans un cadre où la protection de l'environnement doit primer sur l'utilisation du sol.
- Citation : « L'article 6 du règlement du PLU de Nogent-sur-Marne dispose que... tout abattage d'un arbre doit être justifié et compensé par la plantation d'un arbre de qualité égale ou supérieure. »
La décision souligne ainsi la nécessité d'une vérification minutieuse des règlements d'urbanisme notamment lorsqu'ils touchent à des espaces sensibles, la protection de l'environnement et le respect des normes législatives applicables constituant un impératif incontournable en matière d'aménagement du territoire.