Résumé de la décision
La décision concerne un litige entre la SAS Laboratoires Thea et la SAS Ost Développement sur la responsabilité du paiement de la fraction de la taxe foncière sur les propriétés bâties qui a été omise par le tribunal administratif de Clermont-Ferrand dans son jugement du 5 décembre 2017. Ce jugement avait accordé un dégrèvement de la taxe foncière à la SAS Laboratoires Thea pour les aménagements fonciers réalisés par la SAS Ost Développement sans désigner le redevable légal de cette taxe. Le ministre de l'action et des comptes publics a alors demandé l'annulation de ce jugement et la désignation de la SAS Ost Développement comme redevable légal. Le Conseil d'Etat a statué en faveur de cette demande, annulant le jugement précédent et attribuant la responsabilité de la taxe à la SAS Ost Développement.
Arguments pertinents
1. Obligation de désignation du redevable légal : Le tribunal administratif a manqué à son obligation de désigner le redevable légal de la taxe, malgré l'absence de demande en ce sens, en vertu du Code général des impôts - Article 1404. Le Conseil d'Etat souligne que le juge de l’impôt est tenu de désigner le redevable légal « sans qu'ait d'incidence à cet égard la circonstance qu'aucune demande n'ait été présentée ».
2. Propriété des aménagements : Le jugement du tribunal administratif avait déjà statué que les aménagements réalisés par la SAS Ost Développement restaient sa propriété jusqu'à la fin du bail, ne laissant donc pas de doute sur la responsabilité fiscale. Le Conseil d'Etat rappelle que ces aménagements, faits pour son propre compte, ne peuvent être considérés comme étant propriété de la SAS Laboratoires Thea.
Interprétations et citations légales
1. Code général des impôts - Article 1404 : Cet article stipule que lorsque la taxe foncière a été établie au nom d'une personne autre que le redevable légal, le dégrèvement doit être effectué à condition que les obligations en matière de déclaration et d’information aient été respectées. Il précise également que l’imposition du redevable légal doit être établie au profit de l'État en cas de dégrèvement. Cette disposition établit clairement la nécessité pour le juge d'identifier le redevable légal de manière explicite.
2. Conséquences de l'inobservance : Le Conseil d’Etat explique que le tribunal administratif avait une obligation légale « en vertu du I de l'article 1404 » de désigner le redevable. En ne le faisant pas, il a méconnu ses obligations, ce qui a conduit à l'annulation de sa décision.
3. Droit de propriété liée au bail : En affirmant que les aménagements réalisés par la SAS Ost Développement demeurent sa propriété jusqu'à la fin du bail, le Conseil d’Etat a permis de clarifier les responsabilités fiscales des deux sociétés, confirmant ainsi que ces aménagements sont intrinsèquement liés à la SAS Ost Développement jusqu’à publicité légale d’une autre disposition ou d’un transfert de propriété.
Ces éléments mettent en lumière le cadre législatif entourant la désignation des redevables fiscaux et illustrent le principe selon lequel le droit fiscal est strictement soumis à des règles de procédure claires qui doivent être respectées lors des jugements des tribunaux administratifs.