Résumé de la décision
La décision concerne la demande de M. A... qui a acquis la nationalité française par décret le 4 mai 2017. Il a sollicité la modification de ce décret afin d'y inclure les noms de ses enfants, Gemina et Shayna, nés respectivement en 2008 et 2013. Cette demande a été refusée par une décision du 12 janvier 2018, que M. A... conteste en invoquant un excès de pouvoir. La juridiction a conclu que ses enfants ne résidaient pas avec lui à la date de son acquisition de nationalité, ce qui a justifié le refus de modification du décret.
Arguments pertinents
Les raisons juridiques invoquées dans la décision se basent sur les dispositions du Code civil. Selon l'article 22-1 du Code civil, un enfant mineur ne peut bénéficier de la nationalité française acquise par l'un de ses parents que s'il réside habituellement avec ce parent. La décision souligne que :
- Résidence des enfants : "À la date du décret du 4 mai 2017 accordant la nationalité française à M. A..., ses enfants Gemina et Shayna ne résidaient pas avec lui, mais avec leur mère."
- Conditions non remplies : M. A... ne peut pas faire modifier le décret car "ils ne résidaient pas alternativement chez leur père et leur mère à la date du décret".
En conséquence, il n'est pas fondé à contester le refus de modification de son décret de naturalisation.
Interprétations et citations légales
Les articles du Code civil sont appliqués pour déterminer les conditions d'acquisition de la nationalité française par les enfants d’un parent naturalisé. En particulier :
- Code civil - Article 22-1 : "L'enfant mineur dont l'un des deux parents acquiert la nationalité française, devient français de plein droit s'il a la même résidence habituelle que ce parent ou s'il réside alternativement avec ce parent dans le cas de séparation ou divorce."
Cet article établit clairement que la résidence habituelle ou alternée de l'enfant avec le parent naturalisé est une condition préalable pour que l'enfant obtienne la nationalité française. La décision interprète cet article en affirmant que, dans le cas présent, la résidence des enfants n'était pas chez M. A..., mais chez leur mère, ce qui entraîne la non-applicabilité des dispositions de l'article 22-1 concernant la nationalité.
- Code civil - Article 373-2-9 : Cet article précise que la résidence d'un enfant peut être fixée en alternance au domicile de chacun des parents, mais cela ne s'applique pas ici car à la date d'acquisition de la nationalité, les conditions de résidence alternée n’étaient pas remplies.
Ces références légales et interprétations soulignent que la décision est fondée sur l'application stricte des textes, plaçant ainsi des contraintes précises sur la transmission de la nationalité lorsqu'il y a séparation ou divorce.