Résumé de la décision
La décision porte sur l'appel formé par l'association "Collectif des citoyens de bon sens" contre l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de la Guyane, qui avait rejeté sa requête visant la suspension de certaines dispositions de l'arrêté préfectoral du 13 mai 2021, relatif aux mesures de prévention contre la propagation de la COVID-19. En rejetant l'appel, la juridiction a considéré que l'association n'apportait pas d'éléments nouveaux ou suffisants pour établir une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales, soulignant également l'absence de précision dans ses allégations de collusion entre le pouvoir judiciaire et exécutif.
Arguments pertinents
1. Absence d'éléments probants : La décision souligne que l'association "se borne à affirmer" des arguments sans les étayer, ce qui est insuffisant pour remettre en cause les mesures prises par le préfet.
> "En présentant de nouveau au juge d'appel les arguments qu'elle avait soumis au premier juge, sans critiquer la motivation de l'ordonnance attaquée ni apporter aucun élément nouveau ou supplémentaire ... l'association requérante n'établit pas davantage ... qu'elle aurait porté, par les mesures litigieuses, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale."
2. Démonstration de l'urgence : L'absence de démonstration d'une situation d'urgence ou d'une atteinte manifeste à une liberté fondamentale conduit à l'irrecevabilité de la requête.
> "Il résulte de ce qui précède qu'il est manifeste que l'appel ... ne peut être accueilli."
3. Compétence du préfet : La juridiction reconnaît la compétence du préfet pour imposer des mesures de sécurité publique dans le cadre d'une crise sanitaire, tout en notant que la contestation ne se fonde pas sur des violations avérées.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs textes de loi, notamment :
- Code de justice administrative - Article L. 521-2 : Cet article prévoit que le juge des référés peut ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale lorsque celle-ci a été atteinte de manière grave et manifestement illégale. L'application de cet article est cruciale pour déterminer si une urgence justifie l'intervention du juge.
> "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale."
- Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Cet article permet au juge des référés de rejeter une requête sans instruction ni audience si l'urgence n'est pas prouvée ou si la demande est manifestement non fondée. Cet article est central pour le rejet de l'appel de l'association.
> "Le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ..."
En somme, la décision réaffirme l'importance de la rigueur dans la justification des demandes de mesures conservatoires en matière d'atteinte à des libertés fondamentales, notamment dans des contextes complexes tels que les mesures sanitaires. La reconstitution des éléments de preuve et l'établissement d'une vraie atteinte à ces libertés sont essentiels pour légitimer une telle intervention judiciaire.