Résumé de la décision
M. B..., de nationalité dominicaine, a demandé le renouvellement de sa carte de séjour, initialement délivrée en tant que parent d'enfant français. En raison de la demande de documents supplémentaires du préfet, dont une copie de son passeport qu'il avait perdu, et l'absence de réponse dans le délai imparti, sa demande a été considérée comme implicitement rejetée. En contestation, M. B... a saisi le juge des référés, qui a trouvé que le préfet n'avait pas porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. La requête a été rejetée par ordonnance.
Arguments pertinents
1. Condition d'urgence non établie : Le juge a estimé que M. B... n'avait pas démontré que la situation était suffisamment urgente pour justifier l'intervention du juge des référés. En effet, il n'a pas pu prouver que le non-renouvellement du récépissé constituait une atteinte grave à ses droits. La décision souligne que la simple perte de ressources n'est pas en soi une justifiable urgence en matière de droits fondamentaux.
> "Le préfet, en ne procédant pas à la délivrance d'un nouveau récépissé... n'a pu porter une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale."
2. Résultat de la demande de renouvellement : Le refus de renouvellement de la carte de séjour de M. B... a été considéré comme un rejet implicite dû à l'absence de réponse dans le délai légal, selon les dispositions de l'article R. 311-12 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
> "Sa demande devait être regardée comme implicitement rejetée en application de l'article R. 311-12."
3. Exigence de documents justificatifs : M. B... a refusé de fournir un document essentiel (son passeport), qui était requis par le préfet en raison de soupçons de fraude. Cette demande, justifiée par la nécessité de vérifier l'identité et la situation légale de M. B..., a été considérée comme légale.
> "Le préfet a demandé à... produire une copie de son passeport... pour justifier sa situation."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-2 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d’ordonner des mesures pour protéger une liberté fondamentale lorsque celle-ci a été gravement atteinte de manière illégale. Cela impacte l’examen des demandes urgentes.
> "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale..."
2. Article L. 522-3 du Code de justice administrative : Précise que le juge des référés peut rejeter des requêtes manifestement non fondées ou non recevables sans audience. Cela a été appliqué dans la décision concernant M. B..., qui n’a pas pu établir de motifs légitimes pour contester le refus de son récépissé.
> "Le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique…"
3. Article R. 311-12 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article stipule que le silence gardé sur une demande de titre de séjour pendant plus de quatre mois vaut décision implicite de rejet, ce qui a été déterminant dans le jugement.
> "Le silence gardé pendant plus de quatre mois sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet."
En somme, l'ordonnance a rejeté la requête de M. B..., soulignant l'absence de preuve d'une atteinte illégale à ses droits et la validité des exigences documentaires posées par l'administration.