Résumé de la décision
La fédération CFE-CGC des ministères économiques et financiers a demandé au juge des référés d'annuler un point du communiqué n°5/2017 de la direction générale des douanes et droits indirects relatif à la présentation des organisations syndicales dans les écoles des douanes. La fédération soutenait que ce communiqué créait une discrimination à l'encontre des syndicats non représentatifs, notamment le CGC-Douanes, et qu'il présentait un doute sérieux quant à sa légalité. Toutefois, le juge des référés a rejeté la demande, considérant que le communiqué ne créait pas d'urgence et ne justifiait pas une mesure de suspension ni une décision d'annulation, car il ne constitue pas une décision administrative au sens du droit administratif.
Arguments pertinents
1. Absence d'urgence : Le juge a souligné que le communiqué contesté n'entraîne aucune situation d'urgence, précisant que sa nature ne permet pas une mesure provisoire. En effet, il ne s'agit que d'une annonce de mesures envisagées, sans effet immédiat.
2. Incompétence du juge des référés pour annuler un acte administratif : Le juge a rappelé que sa fonction est limitée aux mesures provisoires, et qu'il ne peut annuler un acte administratif. Ainsi, même si la fédération soulevait des arguments de légalité, cela ne lui conférait pas le pouvoir de demander l'annulation.
3. Rejet de la requête pour défaut de fondement : En vertu de l’article L. 522-3 du Code de justice administrative, le juge a conclu que la requête de la fédération ne relevait pas des cas permettant une mesure d'urgence.
Interprétations et citations légales
- Article L. 521-1 du Code de justice administrative : Cet article stipule que le juge des référés peut suspendre une décision administrative lorsque l'urgence le justifie et qu'un doute sérieux quant à la légalité de la décision est présent. Dans cette affaire, le juge a considéré que "le communiqué contesté, qui se borne à annoncer des mesures envisagées, ne crée par lui-même aucune situation d'urgence".
- Article L. 522-3 du Code de justice administrative : Ce texte permet au juge de rejeter une requête lorsque l'urgence n'est pas remplie ou lorsque la demande n'est pas fondée. Dans sa décision, le juge a clairement indiqué que "la demande ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative", ce qui justifie le rejet sans instruction.
En conclusion, la décision rendue rappelle les limites des pouvoirs du juge des référés, ainsi que les conditions requises pour justifier une mesure d'urgence, tout en soulignant le caractère non contraignant d'un simple communiqué de l'administration.