Résumé de la décision
La décision concerne une affaire portée devant le tribunal administratif de Bordeaux par la société SOS Oxygène Atlantique Centre, suite à une mesure de "déconventionnement" de six mois prononcée par la Caisse d'assurance retraite et de santé au travail (CARSAT) d'Aquitaine. Cette sanction a été émise en exécution d'une convention signée en 2002, régissant les relations entre les organismes de sécurité sociale et les distributeurs de dispositifs médicaux. La question essentielle qui se pose est de savoir si le litige relève de la compétence de la juridiction administrative. En raison de cette difficulté, la cour administrative d'appel a décidé de renvoyer cette question au Tribunal des conflits et a suspendu la procédure jusqu'à la décision de ce tribunal.
Arguments pertinents
1. Difficulté sérieuse de compétence : La cour reconnaît qu'il existe une "question de compétence soulevant une difficulté sérieuse" concernant la nature du litige. Elle cite l'article 35 du décret n° 2015-233 du 27 février 2015 pour justifier le renvoi au Tribunal des conflits.
2. Application de la convention : La société SOS Oxygène Atlantique Centre a adhéré à la convention conclue le 7 août 2002, ce qui l’a engagée aux stipulations de cette convention. En cas de méconnaissance des engagements, la sanction infligée peut être un déconventionnement, ce qui est ici le cas.
3. Suspension de la procédure : Compte tenu de la complexité et de la dualité potentielle des ordres de juridiction impliqués, la cour décide de surseoir à statuer sur le pourvoi jusqu'à ce que le Tribunal des conflits se prononce sur la question de compétence.
Interprétations et citations légales
1. Article 35 du décret n° 2015-233 : "Lorsqu'une juridiction est saisie d'un litige qui présente à juger, soit sur l'action introduite, soit sur une exception, une question de compétence soulevant une difficulté sérieuse... elle peut... renvoyer au Tribunal des conflits". Cet article justifie le renvoi de la décision au Tribunal des conflits, indiquant que lorsque des doutes sérieux existent quant à la compétence des juridictions, la procédure suivante doit être suivie pour déterminer la bonne instance.
2. Code de la sécurité sociale - Article L. 165-6 : "Les organismes d'assurance maladie... peuvent conclure des accords... concernant la qualité, les prix maximum pratiqués...". Cet article souligne le cadre légal qui permet aux organismes d'assurance de réguler les interactions avec les prestataires de dispositifs médicaux, incarné ici par la convention que la société a intégrée.
3. Conséquence des conventions : La cour fait référence aux articles 31 et 32 de la convention du 7 août 2002, indiquant que la sanction de "déconventionnement" est appliquée si un prestataire ne respecte pas ses engagements. Cette stipulation est au cœur de l'affaire et souligne l'autorité des conventions régissant les prestations de santé.
Conclusion
Cette décision illustre l'importance de la clarté concernant les compétences juridictionnelles, notamment lorsque des litiges complexes concernant les accords entre les organismes de santé et les prestataires médicaux surviennent. Le renvoi au Tribunal des conflits est un mécanisme essentiel pour résoudre les ambiguïtés relatives aux compétences, garantissant ainsi une décision éclairée pour toutes les parties impliquées.