Résumé de la décision
La décision concerne un pourvoi en cassation introduit par M. B... à l'encontre d'un jugement du tribunal administratif de Montreuil daté du 11 décembre 2014. Ce jugement avait annulé le retrait de deux points de son permis de conduire, mais rejeté le surplus de ses conclusions, notamment celles visant à annuler une décision du ministre de l'Intérieur du 31 octobre 2013 qui constatait la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. En raison d'une rectification pour erreur matérielle, effectuée le 5 février 2016, le tribunal a annulé cette décision du ministre, rendant sans objet les conclusions restantes de M. B.... Par conséquent, la Cour a constaté que le surplus des conclusions de M. B... n'était pas fondé et a rejeté sa demande, tout en condamnant l'État à verser 2 000 euros à M. B... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Perte d'objet : En raison de la décision de rectification du tribunal administratif, les conclusions de M. B... concernant l'annulation de la décision du ministre de l'Intérieur ont perdu leur objet, ce qui entraîne que la Cour n'a pas à statuer sur ce point. Cela est illustré par le constat suivant : "les conclusions du requérant tendant à ce que le jugement du 11 décembre 2014 soit annulé en tant qu'il rejetait sa demande tendant à l'annulation de cette décision ont, dès lors, perdu leur objet".
2. Omission d'examen et légalité des retraits de points : M. B... critiquait l'oubli présumé par le tribunal de sa contestation concernant la notification des décisions de retrait de points. Les juges ont relevé que "le moyen tiré de ce que le tribunal aurait omis d'examiner l'argumentation de M. B... manque en fait", affirmant que les notifications ne conditionnent pas la légalité des retraits de points mais sont nécessaires pour que ceux-ci soient opposables à l'intéressé.
3. Preuve des infractions : Le tribunal a jugé que les preuves fournies (paiement d'amendes, relevés d'information) justifiaient la légitimité des retrait de points, concluant : “la réalité de ces infractions devait être regardée comme établie”. M. B... n'ayant pas contesté la réception des avis de contravention, le tribunal a suffisamment motivé son jugement sur cette question.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "les frais de justice engagés par une partie peuvent être remboursés par l'État.". Ce fondement est crucial pour la décision de l'État de verser 2 000 euros à M. B..., soulignant la responsabilité de l'État dans le cadre de la défense de ses décisions administratives.
2. Code de la route - Article R. 223-3 et Article L. 223-3 : Le tribunal a précisé que les conditions de notification au conducteur des décisions de retrait de points n'affectent pas leur légalité. Ainsi, "les conditions de notification [...] ne conditionnent pas la légalité de ces retraits et ont pour seul objet de les rendre opposables". Cela clarifie le rôle des notifications dans le cadre des poursuites administratives et leur importance pour les droits du conducteur en matière de contestation.
3. Code de procédure pénale - Article 530 : Cet article traite des réclamations liées aux amendes forfaitaires. Le tribunal a noté que M. B... n’a pas apporté la preuve d'avoir formé cette réclamation, ce qui renforce la reconnaissance des infractions.
Cette décision souligne la nécessité de respecter les procédures administratives tout en clarifiant le cadre fiscal et légal concernant les infractions au code de la route. Les décisions de justice rétablissent une distinction claire entre notification des décisions administratives et leur légalité intrinsèque.