Résumé de la décision
La décision concerne l'appel de M. A..., un masseur-kinésithérapeute sanctionné par la chambre disciplinaire de première instance de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes d'Ile-de-France et de La Réunion, laquelle lui avait infligé une interdiction temporaire d'exercer sa profession pour neuf mois. En appel, la chambre disciplinaire nationale a réduit cette sanction à trois mois et rejeté d'autres conclusions de l'appelant. M. A... a contesté cette décision par un pourvoi en cassation. Le Conseil d'État a annulé la décision de la chambre disciplinaire nationale pour plusieurs raisons, notamment des erreurs de droit concernant la recevabilité de la plainte et les demandes de récusation. L'affaire a été renvoyée à la même instance pour un nouvel examen.Arguments pertinents
1. Recevabilité de la plainte : La chambre disciplinaire nationale a erronément jugé que l'absence de confirmation par une délibération collégiale du conseil départemental des Bouches-du-Rhône concernant le vote électronique n'influençait pas la recevabilité de la plainte. Le Conseil d'État a précisé que « l'absence de confirmation, par une délibération ultérieure, entache d'irrégularité la décision de dépôt de la plainte ».2. Demande de récusation : Concernant la demande de récusation de plusieurs assesseurs, la chambre disciplinaire nationale a considéré que son accueil engendrerait une impossibilité de statuer sur le litige, ce qui a été jugé erroné. Le Conseil d'État a rappelé que « le remplacement de quatre des six assesseurs […] était possible », remettant ainsi en question le raisonnement de la chambre.
Interprétations et citations légales
La décision repose sur l'interprétation des articles du Code de la santé publique relatifs à la recevabilité des plaintes et la structure des chambres disciplinaires :1. Code de la santé publique - Article R. 4126-1 : « Les plaintes sont signées par leur auteur […] Dans ce cas, la plainte est accompagnée, à peine d'irrecevabilité, de la délibération de l'organe statutairement compétent pour autoriser la poursuite. » Cette disposition souligne l'importance d'une délibération collégiale pour la validité des plaintes.
2. Code de la santé publique - Article R. 4323-3 : « Les dispositions des articles R. 4126-1 à R. 4126-54 sont applicables aux masseurs-kinésithérapeutes. » Cela établit l'application des règles de procédure disciplinaire aux masseurs-kinésithérapeutes, renforçant l'importance de suivre ces principes lors des délibérations.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article stipule que les frais liés à une instance ne peuvent être alloués qu'aux parties au litige. Le Conseil d'État a ainsi rejeté la demande de M. A... et du Conseil départemental concernant les frais, en considérant que le Conseil national de l'ordre n'était pas partie à l'instance.
Ces éléments montrent que le Conseil d'État a soigneusement examiné la conformité des procédures disciplinaires aux exigences légales, annulant la décision de la chambre disciplinaire nationale pour les erreurs de droit identifiées.