Résumé de la décision
La décision rendue par le Conseil d'État porte sur la légalité du décret du 29 juin 2015, qui fixe les conditions d'option pour le statut particulier des salariés issus de Réseau ferré de France, conformément à la loi du 4 août 2014. La Fédération nationale des cheminots CGT a demandé l'annulation de ce décret. Le Conseil a rejeté cette requête, affirmant que le décret était conforme à la loi et énonçant que les salariés concernés avaient été informés de leur droit d'option, et que les modalités d'intégration au statut avaient été suffisamment définies.
Arguments pertinents
1. Application du décret : Le Conseil d'État a noté que le décret s'applique à tout salarié répondant aux conditions pour exercer le droit d'option prévu par la loi du 4 août 2014. La Fédération a soulevé que les fonctionnaires détachés n'avaient pas reçu l'information requise, mais le Conseil a indiqué que, même en admettant une telle absence d'information, cela n'affectait pas la légalité du décret. Il a déclaré que "la Fédération nationale des cheminots CGT n'est pas fondée à soutenir que le décret aurait illégalement écarté certains salariés de l'application des dispositions du V de l'article 32 de la loi du 4 août 2014".
2. Effet rétroactif de la demande d'admission au statut : Concernant l'effet de la demande d'admission, le Conseil a statué que le décret ne méconnaissait pas la loi. En prévoyant que les admissions au statut prenaient effet au 1er juillet 2015 (date de constitution du groupe public ferroviaire), le Conseil a confirmé que cela respectait le cadre prévu par le législateur : "le pouvoir réglementaire s'est borné à mettre en oeuvre le principe prévu par la loi".
3. Modalités d'intégration au statut : Enfin, le Conseil a affirmé que le décret déterminait adéquatement les modalités d'intégration des salariés au statut, en tenant compte de leur ancienneté : "le décret a suffisamment précisé les modalités selon lesquelles les salariés ayant opté pour le statut y sont intégrés".
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs textes législatifs clés :
- Code des transports - Article L. 2101-2 : Ce texte stipule que "La SNCF, SNCF Réseau et SNCF Mobilités peuvent également employer des salariés sous le régime des conventions collectives" et que les conditions pour le statut particulier sont établies par décret.
- Loi n° 2014-872 du 4 août 2014 - Article 32 (V) : Cet article précise que "les salariés issus de Réseau ferré de France qui remplissaient les conditions d'embauche au statut lors de leur recrutement peuvent opter pour le statut, dans des conditions fixées par voie réglementaire".
Ces articles soulignent que le cadre juridique a été respecté dans la mise en œuvre des droits des salariés, et le Conseil d'État a jugé que les modalités d'application du droit d'option et les conditions d'intégration au statut étaient claires et conformes aux exigences légales.
En conclusion, le Conseil d'État a affirmé que les arguments de la Fédération nationale des cheminots CGT ne faisaient pas le poids par rapport à la légalité du décret attaqué, renforçant ainsi l'autorité du cadre réglementaire établi.