Résumé de la décision
L'affaire porte sur un arrêté du 6 mai 2014, par lequel le maire de la commune d'Eze a délivré à M. A... un permis de construire modificatif pour la régularisation de travaux de construction d'une villa individuelle. M. C..., un voisin, a contesté cet arrêté devant le tribunal administratif, qui a annulé le permis en date du 22 mars 2018. M. A... et la commune d'Eze ont formé un pourvoi en annulation contre cette décision. Le Conseil d'État a finalement annulé le jugement du tribunal administratif, précisant qu'il y avait eu une erreur de droit dans l’appréciation de la continuité de l'affichage du permis, et a renvoyé l'affaire au tribunal administratif de Nice.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit sur la preuve de l'affichage: Le tribunal administratif a commis une erreur en mettant à la charge de M. A... la preuve de la continuité de l'affichage du permis. Le Conseil d'État rappelle que "s'il incombe au bénéficiaire d'un permis de construire de justifier qu'il a accompli les formalités d'affichage [...] le juge doit apprécier la continuité de l'affichage en examinant l'ensemble des pièces du dossier".
2. Conséquences des preuves incomplètes: En l'absence de preuves mises en doute par M. C..., le tribunal a erronément jugé la demande comme tardive. En conséquence, le Conseil d'État a annulé le jugement et a statué que les éléments produits par M. A... démontraient que le recours de M. C... était inopérant en raison du respect des délais.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours - Code de l'urbanisme - Article R. 600-2: "Le délai de recours contentieux à l’encontre d’un permis de construire [...] court à l’égard des tiers à compter du premier jour d’une période continue de deux mois d’affichage." Cet article clarifie que le commencement du délai de recours est directement lié à un affichage continu et visible.
2. Affichage du permis - Code de l'urbanisme - Article R. 424-15: "La mention du permis explicite ou tacite [...] doit être affichée sur le terrain [...]". L'importance de cet article est de souligner l'obligation d'affichage sur le terrain pour que le recours puisse être exercé, renforçant ainsi le devoir de preuve du respect de cette obligation.
3. Erreur d'appréciation: Le Conseil d'État a affirmé que le tribunal administratif a "commis une erreur de droit" en ne tenant pas compte de la présomption de régularité de l'affichage tant qu'il n'existe pas de preuve du contraire. Cela rappelle que les principes de la charge de la preuve doivent être correctement appliqués dans le cadre de l'évaluation des recours en matière d'urbanisme.
Conclusion
Dans cette décision, le Conseil d'État souligne l'importance de l'affichage continu pour la légalité des recours contre les décisions d'urbanisme. Cela met en lumière la nécessité pour les juges d'évaluer globalement les éléments du dossier plutôt que de se concentrer uniquement sur les obligations de l'une des parties impliquées. En conséquence, la décision renforce la protection des droits des requérants lorsque les procédures d'affichage sont respectées, affirmant ainsi la prévalence des règles établies par le code de l'urbanisme.