Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme C... B... a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Nantes pour obtenir un visa de court séjour pour son fiancé, M. A... D..., en vue de leur mariage en France. Le juge des référés a ordonné la délivrance du visa sous astreinte de 100 euros par jour dans un délai de 72 heures. Le visa a été délivré le 27 juin 2021, soit trois jours après ce délai. Mme B... a ensuite demandé la liquidation de l'astreinte. Toutefois, le juge a rejeté sa demande en considérant que l'ordonnance avait été entièrement exécutée, ce qui a conduit à un appel de Mme B.... La décision d'appel a été rejetée sur le fondement que la délivrance du visa, bien que tardive, était conforme aux termes de l'ordonnance initiale.
Arguments pertinents
1. Inexécution de l'astreinte
Le juge des référés a déclaré que l'ordonnance initiale avait été pleinement exécutée malgré le retard. Il a souligné que « la décision du juge des référés doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant été exécutée », établissant ainsi que la délivrance du visa, même tardive, ne justifiait pas la liquidation de l'astreinte.
2. Application de l'article L. 911-7
La requête de liquidation de l'astreinte a été examinée à la lumière de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, qui stipule la procédure à suivre en cas d'inexécution ou d'exécution tardive. Le juge a précisé qu’à moins d’un cas de force majeure, « la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation » et a décidé de rejeter la demande sur ces bases.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 911-7 du code de justice administrative
Cet article précise les conditions et les procédures de liquidation des astreintes. Il mentionne que la liquidation peut être effectuée en cas d'inexécution totale ou partielle, mais dans ce cas, la décision du juge a établi que l'astreinte n'était pas applicable, car l'exécution (délivrance du visa) avait été réalisée, même si avec du retard.
2. Article L. 521-2 du code de justice administrative
Cet article fournit les bases juridiques pour que le juge des référés puisse ordonner des mesures d’urgence pour la sauvegarde des libertés fondamentales. Son application a permis à Mme B... d’obtenir une ordonnance initiale, tout en précisant que le respect des délais émis n’est pas toujours strictement observé.
3. Article L. 522-3 du code de justice administrative
Le juge a utilisé cet article pour rejeter la demande, en stipulant que « le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsqu'il apparaît manifeste… ». Cela a permis une décision simplifiée dans le cadre de la question de l'astreinte sans nécessiter une audience complète.
En conclusion, la décision met en lumière l'importance de l'exécution substantielle des décisions du juge des référés, même en cas de retard dans leur application, ainsi que le cadre rigoureux des procédures d'astreinte stipulé par le code de justice administrative.