Résumé de la décision
Les syndicats UATS-Unsa-Gendarmerie Nationale, délégation nationale d'UATS-Unsa et UATS-Unsa ont introduit une demande de référé visant à modifier des dispositions du décret n° 2014-1217 du 21 octobre 2014 et de l'arrêté du 26 novembre 2014 concernant la gendarmerie nationale. Ils soutiennent que ces modifications sont urgentes car elles affectent les élections professionnelles de décembre 2018 et le nombre de représentants du personnel au comité technique de la gendarmerie. Le juge des référés du Conseil d'Etat a rejeté leur requête, considérant qu'elle ne relevait pas de sa compétence ni des circonstances d'urgence requises.
Arguments pertinents
1. Condition d'urgence : Les syndicats assertent que les modifications demandées sont urgentes en raison de leur impact imminent sur les élections professionnelles, mais le juge estime que cela ne constitue pas un motif suffisant pour justifier une intervention en référé. Le tribunal a ainsi considéré que la notion d'urgence, telle que définie dans le cadre des référés administratifs, n'est pas remplie.
2. Compétence du juge des référés : La demande des syndicats ne relève pas de la compétence du juge des référés, qui ne peut pas modifier des textes réglementaires. Le juge se réfère à l'article L. 522-3 du Code de justice administrative, qui lui permet de rejeter une requête sans instruction ni audience dans ces cas. La décision précise : « Une telle demande n'entre dans aucune des compétences conférées au juge des référés par les dispositions du livre V du code de justice administrative ».
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs textes légaux pour justifier le rejet de la requête :
- Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Cet article stipule que le juge des référés peut rejeter une requête lorsque « la condition d'urgence n'est pas remplie » ou lorsque la demande ne relève pas de la compétence de la juridiction. Cela souligne l'importance pour les requérants de démontrer non seulement l'urgence de leur situation, mais également que leur demande tombe sous la compétence du juge.
En intégrant ces éléments, la décision montre que le juge des référés du Conseil d'État se fixe des limites claires sur les types de demandes qu'il est habilité à traiter, en mettant en avant le cadre légal et la nécessité d'une instruction appropriée pour les modifications réglementaires. Cette approche démontre la rigueur du contrôle juridictionnel au sein du système administratif français.