Résumé de la décision
M. A... a saisi le juge des référés du Conseil d'État en invoquant l'urgence et la nécessité d'une injonction à l'encontre du Premier ministre pour empêcher la prise d'un décret fixant la date d'entrée en fonction des conseillers municipaux élus lors du scrutin du 15 mars 2020. Il arguait que la légalité de ce maintien n'avait pas encore été examinée par les juridictions administratives et que cela compromettait la sécurité juridique des résultats électoraux. Cependant, le juge des référés a rejeté sa requête, estimant qu'elle ne présentait pas les conditions d'urgence requises et commandant que les conclusions soient rejetées sur le fondement des articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de la requête : M. A... soutient la recevabilité de sa requête, se fondant sur la compétence du Conseil d'État pour en connaître en premier et dernier ressort. Il démontre également son intérêt pour agir.
2. Urgence et sécurité juridique : Il affirme que la situation d'urgence est établie en raison de l'absence de décision des juridictions administratives concernant la légalité du maintien du premier tour des élections municipales, ce qui menace la sécurité juridique des résultats.
3. Utilité de la mesure demandée : M. A... soutient que l'entrée en fonction des conseils municipaux au 18 mai 2020 le priverait du bénéfice de sa requête. Il précise également que les recours prévus par les articles L. 521-1 et L. 521-2 n’offrent pas un moyen adéquat pour sa demande.
4. Absence de décision d'exécution : Il souligne qu'en l'absence de décision du gouvernement pour l'installation des conseils municipaux, l'injonction demandée n’entraverait pas l'exécution d'une décision administrative.
5. Absence de contestation sérieuse : M. A... conclut que sa demande ne se heurte pas à une contestation sérieuse, car elle ne porte pas sur la légalité du décret n° 2019-928.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-3 du code de justice administrative : Cet article stipule que "en cas d'urgence et sur simple requête, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative". Le juge a considéré que les arguments de M. A... ne satisfaisaient pas les critères d'urgence établis par ce texte.
2. Article L. 522-3 du code de justice administrative : Il permet au juge des référés de rejeter une requête sans instruction ni audience si la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsque la demande ne relève pas de sa compétence. C'est sur ce fondement que le juge a rejeté la requête de M. A.... Il a constaté que, étant donné qu'un décret avait déjà été pris et établi la date d'entrée en fonction des élus, la demande du requérant n’avait plus d’objet.
Cette décision illustre les principes de l’urgence procédurale en droit public et souligne la rigueur des conditions qu'un requérant doit remplir pour justifier une demande en référé.