Résumé de la décision :
M. A... a introduit une requête en annulation ou en réformation visant à suspendre l'application d'une ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017 modifiant des dispositions du code du travail relatives au licenciement abusif. Il conteste le plafonnement des indemnités accordées aux salariés licenciés abusivement, estimant qu'il viole plusieurs instruments de protection des droits des travailleurs. La juridiction administrative, après examen, a rejeté sa requête pour irrecevabilité, considérant que M. A..., en tant que personne physique, ne justifiait pas d'un intérêt direct et certain pour obtenir la suspension des nouvelles dispositions.
Arguments pertinents :
1. Irrecevabilité de la requête : Le juge a constaté que M. A... ne pouvait pas être considéré comme justifiant d'un intérêt direct et certain vis-à-vis des dispositions contestées, citant que "le requérant ne peut être regardé... comme justifiant d'un intérêt direct et certain lui donnant qualité pour demander que leur exécution soit suspendue".
2. Application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : En vertu de cet article, le juge a souligné que la demande pourrait être rejetée sans instruction lorsque les conditions d'urgence ne sont pas remplies ou lorsque la demande est manifestement irrecevable. Ici, la requête a été considérée comme manifestement irrecevable sans lieu à instruction.
Interprétations et citations légales :
L'ordonnance du 22 septembre 2017 a modifié les articles L. 1235-1 et suivants du code du travail, introduisant un plafonnement des indemnités attribuées en cas de licenciement abusif. Cela suscite des questions d'interprétation juridique tant sur le plan national qu'européen.
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article évoque la possibilité pour le juge des référés de suspendre une décision administrative lorsque l'urgence et un doute sérieux quant à la légalité de la décision existent. Cependant, dans cette affaire, la condition d'urgence n'a pas été remplie.
2. Article L. 522-3 du code de justice administrative : Cet article permet un rejet rapide d'une requête, démontrant l'importance de la clarté et de la pertinence de l'argumentation juridique. Le juge a affirmé que la requête était "manifestement irrecevable".
3. Droit au recours et protection des travailleurs : Les préoccupations soulevées par M. A...touchent également des considérations de droit européen, telles que la protection contre les licenciements injustifiés, mais sans établir un intérêt personnel justifiant une action légale, cela ne saurait suffire à ouvrir la voie à une décision favorable dans le cadre de cette procédure. La décision mentionne également des implications sur des textes comme la charte sociale européenne et la convention européenne des droits de l'homme, mais sans énoncer directement qu'il existe un lien juridique pertinent dans le contexte de cette requête.
En conclusion, cette décision illustre les contraintes procédurales auxquelles font face les demandes individuelles dans le cadre de la contestation de réformes législatives, soulignant l'importance d'un intérêt direct et certain pour justifier une action devant la justice administrative.