Résumé de la décision
La décision concerne la requête de M. A... visant à suspendre l'exécution de l'ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017, qui modifie des dispositions relatives aux indemnités en cas de licenciement abusif. M. A... soutient que ces modifications méconnaissent plusieurs textes juridiques, notamment la Charte sociale européenne, la Convention européenne des droits de l'homme, et la directive européenne 98/59/CE. Toutefois, le juge des référés a considéré que M. A... n’avait pas un intérêt direct et certain lui permettant de demander la suspension de cette ordonnance, ce qui rend sa demande manifestement irrecevable. Sa requête a donc été rejetée sans instruction ni audience, conformément à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la demande : Le juge a conclu que M. A..., en tant que personne physique, ne justifie pas d’un intérêt direct et certain pour contester les dispositions de l’ordonnance. Cela se base sur le fait que les modifications effectuées concernent principalement le cadre juridique général applicable à tous les salariés, plutôt qu’une situation personnelle et individuelle.
2. Plafonnement des indemnités : L'ordonnance du 22 septembre 2017 introduit un plafonnement des indemnités pour licenciement abusif. M. A... argue que cela crée une situation d’inégalité et réduit de fait ses droits, notamment pour les salariés ayant une faible ancienneté.
Comme précisé dans la décision, "le requérant ne peut être regardé, en sa seule qualité de personne physique... comme justifiant d'un intérêt direct et certain."
Interprétations et citations légales
Le juge a fondé son raisonnement sur plusieurs textes de loi, en tenant compte des conditions de recevabilité des requêtes.
- Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article permet au juge des référés de suspendre une décision administrative lorsque l’urgence est établie et que des doutes sérieux quant à la légalité de la décision justifient cette suspension. La décision précise que même en considérant ces éléments, M. A... ne satisfait pas aux critères requis pour la suspension.
- Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Ce passage justifie le rejet de la demande sans instruction lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou que la demande est manifestement irrecevable. Le juge a conclu que le cas de M. A... tombait sous ce dernier motif.
La décision souligne également la nécessité de démontrer un "intérêt direct et certain" pour toute demande de suspension, établissant ainsi une barrière pour les recours collectifs ou généraux lorsqu’aucun lien personnel n'est établi entre le requérant et la législation contestée.
En somme, la décision met en lumière les contraintes procédurales imposées par le Code de justice administrative, tout en rappelant que les modifications législatives doivent être contestées par ceux qui en subissent directement les effets.