Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme B..., professeur des universités, a demandé au Conseil d'État de suspendre l'exécution d'une décision prise par le président de l'Université de Perpignan, le 4 juillet 2017, qui lui retirait sa délégation de signature relative à l'engagement de dépenses et la certification de service, tout en nommant un administrateur provisoire. Mme B... soutenait qu'il s'agissait d'une sanction déguisée, qu'aucune procédure contradictoire n'avait été suivie, et que la décision comportait des erreurs manifestes. Le Conseil d'État a jugé que la requête ne relevait pas de sa compétence et a décidé de la rejeter.
Arguments pertinents
1. Compétence du Conseil d'État : Le juge des référés du Conseil d'État ne peut être saisi en premier et dernier ressort que pour des litiges qui entrent directement sous sa compétence. La décision contestée par Mme B... ne concerne ni le recrutement ni la discipline des agents publics au sens des articles 311-1 et 13 de la Constitution, rendant ainsi la requête irrecevable.
2. Non-application de la procédure disciplinaire : La décision du président de l'Université n'étant pas d'ordre disciplinaire, la sanction ne peut être qualifiée de telle, même si Mme B... la considère ainsi. Le Conseil d'État précise que le contentieux ne relève pas de ses attributions.
3. Rejet basé sur le code de justice administrative : En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le Conseil d'État peut rejeter des demandes manifestement non fondées sans instruction. Au vu des éléments apportés, la requête a été jugée mal fondée.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article confère au juge des référés la possibilité de suspendre une décision administrative lorsqu'il existe une urgence et un doute sérieux sur la légalité de cette décision. Cependant, il faut que le litige principal relève de la compétence directe du Conseil d'État. Ce principe est crucial pour établir les prérogatives de chaque juridiction administrative.
2. Article 311-1 du code de justice administrative : Selon cet article, le Conseil d'État est compétent pour connaître en premier et dernier ressort des litiges portant sur le recrutement et la discipline des agents publics nommés par décret du Président de la République. Cela constitue une limitation importante de sa compétence, soulignant la nécessité que le conflit corresponde à ce cadre précis pour qu’une demande puisse être reçue.
3. Article R. 522-8-1 du code de justice administrative : Ce texte prévoit que le juge des référés qui souhaite décaler la compétence rejette la demande par ordonnance, sans débats. Ainsi, il est question non seulement de l'examen des moyens de la requête, mais aussi de la qualité même du juge compétent pour aboutir à une décision, ce qui a été la conclusion dans le cas de Mme B....
Conclusion
Dans cette décision, le Conseil d'État a clairement défini les contours de sa compétence en matière de litiges relatifs aux agents publics et a écarté la demande de Mme B... pour insuffisance de fondement juridique. Cela illustre notamment la rigueur avec laquelle le juge administratif évalue la recevabilité des demandes qui lui sont soumises.