Résumé de la décision
La décision traitée concerne une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par la société NC Numericable et la société SFR contre les dispositions du premier alinéa de l'article L. 113-3 du code de la consommation, ainsi que l'arrêté du 1er mars 2016 modifiant un précédent arrêté relatif à l'information du consommateur sur les caractéristiques techniques des offres d'accès à Internet. Les requérantes estimaient que le législateur avait méconnu sa compétence en renvoyant au pouvoir réglementaire la détermination des modalités d'information des consommateurs, portant ainsi atteinte à leur liberté d'entreprendre et à la liberté de communication. Le Conseil d'État a jugé que la question posée n'était pas nouvelle et ne présentait pas un caractère sérieux. Il a donc décidé de ne pas renvoyer cette question au Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
1. Compétence législative : Le Conseil d'État a précisé que le législateur a le pouvoir de définir une obligation d’information sans que cela ne constitue une méconnaissance de sa compétence. Il a affirmé que la loi permettait de renvoyer la fixation des modalités particulières d’information au ministre chargé de l’économie.
- Citation pertinente : "le législateur a prévu une obligation d'information des consommateurs à la charge des vendeurs... il pouvait... renvoyer au ministre chargé de l'économie le soin de fixer les modalités particulières de cette information".
2. Absence de caractère sérieux : En raison de l'absence de nouveauté et du manquement à la démonstration de la question posée, le Conseil d'État a déterminé que la QPC ne présentait pas de caractère sérieux.
- Citation pertinente : "la question soulevée, qui n'est pas nouvelle, ne présente pas un caractère sérieux".
Interprétations et citations légales
- Ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 - Article 23-5 : Cet article établit les conditions pour qu'une QPC soit soulevée devant le Conseil d'État. Il nécessite que la disposition législative contestée soit applicable au litige, qu'elle n'ait pas déjà été déclarée conforme à la Constitution et que la question soit nouvelle ou sérieuse.
- Code de la consommation - Article L. 113-3 : Ce texte impose aux vendeurs d'informer le consommateur sur les prix et les conditions de vente, mais laisse à l'arrêté ministériel le soin de préciser les modalités de cette obligation.
- Citation pertinente : "Tout vendeur de produit ou tout prestataire de services informe le consommateur, par voie de marquage, d'étiquetage, d'affichage ou par tout autre procédé approprié, sur les prix et les conditions particulières de la vente..."
- Constitution - Article 34 : Cet article stipule que la loi détermine les principes fondamentaux des obligations civiles et commerciales, impliquant que le législateur peut, dans certaines limites, déléguer des aspects techniques au pouvoir réglementaire.
- Citation pertinente : "La loi détermine les principes fondamentaux... des obligations civiles et commerciales".
En résumé, le Conseil d'État a jugé que le législateur a agi dans ses compétences en matière d’information des consommateurs et a rejeté la question de constitutionnalité qui, selon ses analyses, ne justifiait pas un renvoi au Conseil constitutionnel.