Résumé de la décision
Cette décision porte sur la demande d'annulation d'un article de l'arrêté du 26 décembre 2019 relatif aux restrictions d'exploitation de l'aéroport de Beauvais-Tillé, formulée par plusieurs associations de protection de l'environnement. L'article contesté permet, sous certaines conditions, au ministre chargé de l'aviation civile d'accorder des dérogations à l'interdiction de l'atterrissage nocturne. Le Conseil d'État a jugé que cet article était illégal, car il ne respecte pas le principe de non-régression de la protection de l'environnement, et a ordonné son annulation. L'État a également été condamné à verser une somme à chaque association requérante.
Arguments pertinents
Le Conseil d'État a principalement fondé sa décision sur les raisons suivantes:
1. Inadéquation des conditions d'autorisation : L'arrêté attaqué permet au ministre de donner des dérogations à l'interdiction d'atterrissage nocturne sans limiter le nombre de ces autorisations. Cela pourrait entraîner une augmentation significative du trafic aérien nocturne.
Citation pertinente : « Faute pour l'administration [...] d'avoir encadré le surcroît du trafic aérien nocturne qui pourrait résulter de l'octroi de ces dérogations [...] »
2. Violation du principe de non-régression : Le Conseil d'État a cité le principe de non-régression du code de l'environnement, précisant que toute modification législative ou réglementaire relative à la protection de l'environnement doit aboutir à une amélioration constante des conditions de protection.
Citation pertinente : « Les associations requérantes sont fondées à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions [...] du code de l'environnement. »
Interprétations et citations légales
1. Le principe de non-régression (Code de l'environnement - Article L. 110-1) : Ce principe impose que la législation en matière environnementale doit progresser et ne pas se détériorer. Le passage pertinent indique que les autorités doivent s’inspirer d'une amélioration constante, tenant compte des connaissances scientifiques et techniques.
Citation : « [Les autorités] s'inspirent [...] du principe de non-régression, selon lequel la protection de l'environnement, assurée par les dispositions législatives et réglementaires relatives à l'environnement, ne peut faire l'objet que d'une amélioration constante [...] »
2. Le cadre réglementaire de l'aviation civile : L'article 1er de l'arrêté du 26 décembre 2019, contesté ici, donne trop de latitude à l'administration sans encadrer suffisamment les conséquences potentielles. Cela évoque une application laxiste de la réglementation, susceptible de porter atteinte à la qualité de l'environnement, en contradiction avec les exigences légales.
La décision du Conseil d'État, en annulant l'article 1er de l'arrêté, renforce l'importance du respect des normes environnementales tout en signalant la nécessité d'un encadrement strict des dérogations pouvant affecter la tranquillité publique et l'environnement.