Résumé de la décision
La société InnoVent a demandé l'annulation de certaines dispositions de l'arrêté du 23 avril 2018, en particulier celles relatives à la balisage des éoliennes, qui imposent l'utilisation d'un balisage lumineux permanent, excluant l'option de balisage intermittent. La décision rendue a rejeté la requête de la société InnoVent, considérant que l'arrêté est conforme à la réglementation en matière de sécurité de la navigation aérienne. Le tribunal a statué que les mesures de balisage projetées étaient essentielles pour assurer la sécurité aérienne sans générer d'inconvénients excessifs.
Arguments pertinents
1. Non-soumission à l'évaluation environnementale :
L'arrêté du 23 avril 2018 vise à garantir la sécurité de la circulation aérienne et ne relève pas des obligations d'évaluation environnementale selon l'article L. 122-4 du code de l'environnement, qui exclut les plans relatifs à la défense nationale et à la protection civile.
Citation pertinente : "Il en résulte que les dispositions attaquées de l'arrêté [...] ne sont, en tout état de cause, pas soumises à la procédure d'évaluation environnementale."
2. Absence de nécessité de participation publique :
Les dispositions de l'arrêté ne constituent pas des décisions ayant une incidence directe et significative sur l’environnement, rendant ainsi superflue la mise à disposition du public avant leur adoption.
Citation pertinente : "Ces dispositions ne constituent pas, par elles-mêmes, une décision ayant une incidence directe et significative sur l'environnement nécessitant ainsi une participation du public."
3. Proportionnalité des mesures de balisage :
Le tribunal a conclu que les exigences de balisage permanent étaient justifiées pour la sécurité aérienne, tout en étant proportionnées aux impacts environnementaux éventuels.
Citation pertinente : "Les mesures de balisage prescrites par l'arrêté attaqué sont nécessaires pour assurer la sécurité en matière de circulation aérienne, sans qu'elles soient susceptibles d'entraîner des inconvénients excessifs."
Interprétations et citations légales
1. Exemption à l'évaluation environnementale :
En vertu de l'article L. 122-4 du code de l'environnement, les projets qui relèvent de la défense nationale ou de la protection civile ne nécessitent pas d'évaluation environnementale, ce qui a été appliqué pour justifier la décision relative à l'arrêté de balisage des éoliennes. Cela implique une interprétation élargie des fonctionnalités d'un arrêté public au regard de la sécurité nationale.
Citation pertinente : "Les plans et programmes établis uniquement à des fins de défense nationale ou de protection civile [...] ne sont pas soumis à l'obligation de réaliser une évaluation environnementale."
2. Droit à l'information et participation du public :
L’article 7 de la Charte de l'environnement stipule le droit d'accès à l'information relative à l’environnement. Cependant, la décision valorise l'idée que certaines décisions font exception à cette participation lorsque leur impact environnemental est limité.
Citation pertinente : "Toute personne a le droit [...] d'accéder aux informations relatives à l'environnement [...] et de participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement."
3. Sécurité aérienne versus technologies de balisage :
Le tribunal a souligné que l'utilisation d'un balisage lumineux permanent était indispensable pour garantir la sécurité des aéronefs. Le fait que non tous les aéronefs soient équipés pour détecter un balisage intermittent justifie la décision de privilégier une règle stricte de balisage permanent.
Citation pertinente : "L'usage d'une technologie de balisage intermittent [...] suppose que les aéronefs soient dotés d'équipements dont ils ne sont pas tous pourvus."
Cette analyse met en lumière la complexité du cadre juridique entourant la sécurité de la navigation aérienne et les enjeux environnementaux associés.