Résumé de la décision :
Les requérants, M. et Mme A..., ont contesté le refus d'abrogation d'une circulaire du 20 novembre 2012 qui, selon eux, affaiblissait le contrôle de la sortie du territoire pour les mineurs non accompagnés. Cependant, des modifications législatives postérieures, notamment l'article 371-6 du Code civil, ont établi une exigence d'autorisation par un titulaire de l'autorité parentale pour les mineurs quittant le territoire. Par conséquent, la requête a perdu son objet.
Concernant les demandes d'indemnité, les juges ont reconnu une faute de l'État dans la négligence des contrôles aux frontières, qui a permis à la fille des requérants de quitter le territoire malgré son inscription sur le fichier des personnes recherchées. L'État a donc été condamné à verser 15 000 euros aux requérants pour le préjudice moral et 3 000 euros pour les frais.
Arguments pertinents :
1. Perte d'objet de la requête : Les conclusions d'excès de pouvoir de M. et Mme A...tendant à rétablir une exigence d’autorisation parentale pour les mineurs ont perdu leur objet avec l'introduction, postérieurement à leur demande, de nouveau dispositifs juridiques. Ainsi, il a été déclaré que « ces dispositions législatives et réglementaires ont ainsi institué un dispositif exigeant des ressortissants français mineurs d'être munis d'une autorisation signée d'un titulaire de l'autorité parentale pour quitter seuls le territoire français ; qu'il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer. »
2. Responsabilité de l'État : La décision souligne un manquement des fonctionnaires de contrôle aux frontières qui, malgré l'inscription de la mineure sur le fichier des personnes recherchées, n'ont pas agi conformément aux prescriptions de la circulaire de 2012. La décision affirme que « cette faute est de nature à engager la responsabilité de l'État », mettant en exergue une négligence qui a permis la sortie de la jeune fille.
Interprétations et citations légales :
- Article 371-6 du Code civil : Le jugement fait référence à l'article qui exige désormais qu'un mineur quittant le territoire national sans être accompagné soit muni d'une autorisation signée par un titulaire de l'autorité parentale. La décision note que le décret du 2 novembre 2016 et son arrêté d'application ont traduit ces exigences réglementaires en pratique.
- Responsabilité de l'État : La décision repose sur la reconnaissance d'une faute administrative, établissant ainsi une responsabilité de l'État dans l'accident. Décrit dans le raisonnement, il est affirmé que la négligence qui a conduit à la sortie de la jeune fille, malgré son statut, constitue une méconnaissance de la procédure en vigueur. En effet, « les fonctionnaires en charge du contrôle des frontières à l'aéroport ... ne se sont pas opposés à cet embarquement, faute d'avoir consulté ou d'avoir correctement consulté le fichier des personnes recherchées. »
Cette analyse permet de comprendre la décision dans son ensemble, tant sur la perte d'objet des recours administratifs que sur la mise en cause de la responsabilité de l'État dans la protection des mineurs et la régulation de leur sortie du territoire.