Résumé de la décision
Mme A...B..., ressortissante algérienne, a épousé un ressortissant français en 1983 et a demandé à acquérir la nationalité française en mai 2016. Sa demande a été rejetée par un décret du Premier ministre du 7 juillet 2017, qui a motivé cette décision par le fait que son mode de vie était incompatible avec les valeurs de la société française, notamment en ce qui concerne l'égalité entre les hommes et les femmes. Mme B... a contesté ce décret par voie de recours pour excès de pouvoir. La décision rendue a rejeté sa requête, confirmant ainsi le décret de refus de nationalité.
Arguments pertinents
La décision repose sur plusieurs arguments juridiques clés :
1. Incompatibilité avec les valeurs de la société française : Le rapport a établi que Mme B..., vivant en Algérie, avait un mode de vie incompatible avec les valeurs essentielles de la société française, notamment l'égalité entre les sexes. Le Premier ministre a donc agi conformément à l'article 21-4 du Code civil qui lui permet de s'opposer à l'acquisition de la nationalité française en cas de défaut d'assimilation.
Citation pertinente : "Mme B..., qui a toujours vécu en Algérie, a adopté un mode de vie incompatible avec les valeurs essentielles de la société française."
2. Application correcte des dispositions légales : La cour a jugé que le Premier ministre n'avait pas fait une inexacte application des dispositions légales qui régissent l'acquisition de la nationalité française, malgré la contestation de Mme B... à cet égard.
Citation pertinente : "le Premier ministre n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article 21-4 du code civil en s'opposant, pour défaut d'assimilation, à ce qu'elle acquière la nationalité française."
Interprétations et citations légales
La décision a été fondée sur l’interprétation des normes légales suivantes :
- Code civil - Article 21-2 : Ce texte stipule que l'étranger ou apatride qui épouse un national français peut demander la nationalité française après un délai de quatre ans, à condition que la communauté de vie ait perduré. L’article souligne que l’acquisition est soumise à certaines conditions, notamment le maintien de l’assimilation avec la communauté française.
- Code civil - Article 21-4 : Cet article donne au Gouvernement le pouvoir d'opposer un refus d'acquisition de la nationalité française pour des raisons d'indignité ou de défaut d'assimilation, en précisant que le délai est de deux ans suivant la demande.
L'interprétation du tribunal s'est centrée sur la notion d'assimilation, qui ne se limite pas à l'apprentissage de la langue ou à la connaissance des institutions, mais inclut également des valeurs culturelles et sociales fondamentales, telles que l'égalité des sexes. Dans ce contexte, la cour a jugé nécessaire d’apprécier le mode de vie et les valeurs de Mme B... dans le cadre de son intégration à la société française.
Cette décision illustre le pouvoir de l'État français de réguler l'acquisition de la nationalité et de s'assurer que les nouveaux nationaux partagent des valeurs qui sont jugées essentielles à la cohésion sociale.