Résumé de la décision
La requête de M. C... B..., contestant le jugement du tribunal administratif de Lille qui rejetait sa protestation électorale à l'issue des élections municipales de Marles-Les-Mines, a été rejetée. Les élections, qui se sont tenues le 28 juin 2020, ont vu la liste conduite par M. A... E... remporter la majorité des sièges. M. B... a soulevé plusieurs irrégularités, notamment le soutien d'associations à son adversaire et des contestations sur la régularité des inscriptions sur les listes électorales, mais ses arguments n'ont pas été jugés suffisants pour établir une atteinte à la sincérité du scrutin.
Arguments pertinents
1. Participation des associations aux campagnes électorales :
M. B... affirmait que le soutien apporté à la liste adverse par des associations subventionnées par la commune constituait un vice. Cependant, le tribunal a considéré que la simple diffusion d'un appel de soutien par ces associations ne constitue pas un avantage à réintégrer dans le compte de campagne, énonçant, "la diffusion par des associations d'un appel en faveur de cette liste [...] et la diffusion, par voie électronique, d'un appel en faveur de cette liste, dès lors qu'elle représente un coût, sinon nul, du moins extrêmement faible pour ceux qui y ont procédé."
2. Insultes et campagne électorale :
M. B... a fait valoir qu'il avait été l'objet d'insultes, mais le tribunal a estimé qu'il n'a pas prouvé que cela altérait la sincérité du scrutin, établissant que, "les dispositions de l'article L. 97 [...] ne peuvent être utilement invoquées au soutien de conclusions tendant à l'annulation d'opérations électorales."
3. Régularité des inscriptions électorales :
M. B... a contesté des inscriptions sur les listes électorales. Cependant, le tribunal a souligné qu'il n'appartient pas aux juridictions électorales d'apprécier la régularité des inscriptions en l'absence de manœuvres frauduleuses, stipulant que "M. B... n'apporte aucun élément de nature à établir que les inscriptions contestées aient résulté d'une manœuvre."
Interprétations et citations légales
1. Financement des campagnes électorales :
- Code électoral - Article L. 52-8 : Cet article précise que seules les personnes morales ayant un statut spécifique (partis ou groupements politiques) peuvent financer une campagne. Les associations, dans la mesure où elles ne constituent pas des avantages en nature pour le candidat, ne sont pas considérées comme des entités autorisées à influencer financièrement la campagne d'un candidat.
2. Réactions à des insultes et incidents durant la campagne :
- Code électoral - Article L. 97 : Cet article régule les comportements qui perturbent la campagne. La décision stipule que les atteintes à la dignité d'un candidat ne suffisent pas en soi à remettre en cause la validité d'un scrutin.
3. Conditions d'inscription sur les listes électorales :
- Code électoral - Article L. 11 et Article L. 16 : Ces articles définissent qui peut être inscrit sur les listes électorales et que celles-ci font l’objet d’une révision annuelle. Le tribunal a précisé, "en l'absence de manœuvres de nature à porter atteinte à la sincérité du scrutin, d'apprécier la régularité d'une inscription sur les listes électorales".
4. Authenticité des signatures sur les listes d’émargement :
- Code électoral - Article L. 62-1 : Cet article établit que la signature de l’électeur doit être apposée sur la liste d’émargement, et que toute différence manifestes doit être justifiée par une mention (empêchement, procuration). Toutefois, le tribunal a estimé que l’écart des voix (quarante-quatre) était insuffisant pour remettre en question la sincérité du scrutin.
En résumé, la décision du tribunal administratif souligne l'importance de preuves tangibles pour étayer toute réclamation d'irrégularité électorale et précise le rôle limité des juridictions administratives dans l'appréciation des manœuvres d'inscription et les incitations faites par des tiers.