Résumé de la décision
La présente affaire concerne un recours en interprétation formulé par Mme B... suite à une décision du Conseil d'État rendue le 6 novembre 2017. Dans cette décision, il a été statué que Mme B... et M. et Mme C... devaient verser solidairement une somme totale de 2 500 euros à la commune de Massy et à la société Paris Sud Aménagement. Mme B... conteste la compréhension de cette obligation dans le cadre de sa demande, souhaitant clarifier que la somme de 2 500 euros doit être considérée comme un montant total à payer solidairement, et non pas comme une somme par créancier. Toutefois, le Conseil d'État a jugé que son recours en interprétation était irrecevable, considérant que la décision ne présentait pas d'obscurité ou d'ambiguïté.
Arguments pertinents
1. Recevabilité du recours en interprétation : Le Conseil d'État rappelle que "Un recours en interprétation d'une décision juridictionnelle n'est recevable que s'il émane d'une partie à l'instance ayant abouti au prononcé de la décision dont l'interprétation est sollicitée et dans la seule mesure où il peut être valablement argué que cette décision est obscure ou ambiguë." Ainsi, la recevabilité d'un recours en interprétation repose sur l'obscurité ou l'ambiguïté de la décision concernée.
2. Absence d’obscurité dans la décision : Le Conseil souligne que l'article 3 de la décision est "dépuré de toute obscurité ou ambiguïté" et qu'il n'est pas susceptible d'être interprété comme imposant une somme distincte à chaque créancier : "Ains, l'article 3, qui est dépourvu de toute obscurité ou ambiguïté en décidant le versement de la somme totale de 2 500 euros à la commune de Massy et à la société Paris Sud Aménagement, soit 1 250 euros à chacune par Mme B... et M. et Mme C..., solidairement tenus à ces deux dettes."
3. Conséquence du rejet du recours : En conséquence, le Conseil d'État déclare que le recours de Mme B... est irrecevable, et précise que les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Massy, "qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante."
Interprétations et citations légales
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article stipule que les frais de justice peuvent être mis à la charge de la partie perdante. Le Conseil d'État utilise cet article pour justifier que la commune de Massy ne peut être condamnée à verser des frais, n’étant pas la partie perdante dans cette instance.
- La décision du Conseil d'État met en avant les critères de recevabilité d'un recours en interprétation. Le Conseil d'État a précisé que la question de l'obscurité ou de l'ambiguïté est centrale dans l'examen de la validité de la demande. Le raisonnement s'articule autour du fait que la clarté de la décision initiale rend inopérante la demande d'interprétation de Mme B..., conduisant au rejet du recours.
À travers cette décision, le Conseil d'État confirme l'importance de la précision dans les décisions juridictionnelles afin d'éviter des interprétations erronées ou des confusions autour des obligations de paiement.