Résumé de la décision
La décision porte sur la demande de Mme B... qui souhaitait que sa fille, Rama Cissokho, bénéficie de la nationalité française suite à sa propre naturalisation par décret du 30 novembre 2016. Le ministre chargé des naturalisations a rejeté sa demande, arguant que la naissance de l'enfant n'avait pas été portée à sa connaissance avant la signature du décret. Après examen, le tribunal a jugé que Mme B... n'avait pas pu informer l'administration de la naissance de sa fille en raison de la proximité temporelle entre la naissance et le décret. Par conséquent, la décision du ministre a été annulée, permettant à Rama Cissokho de recevoir la nationalité française de plein droit.
Arguments pertinents
1. Impossibilité d'informer l'administration : La décision souligne que, bien que la loi stipule que l'enfant doit être porté à la connaissance de l'administration par le parent naturalisé, Mme B... était dans l'impossibilité de le faire avant la signature du décret en raison de la naissance récente de sa fille.
- “Dans les circonstances de l'espèce, Mme B... doit être regardée comme ayant été dans l'impossibilité de porter à la connaissance de l'administration chargée d'instruire sa demande de naturalisation la naissance de sa fille avant la signature du décret.”
2. Applicabilité des dispositions du Code civil : Le tribunal rappelle que l'article 22-1 du Code civil permet à un enfant mineur d'acquérir la nationalité française automatiquement lorsque l'un des parents le devient, tant que certaines conditions de résidence sont remplies.
- “Un enfant mineur ne peut devenir français de plein droit par l'effet du décret qui confère la nationalité française à l'un de ses parents qu'à condition (...) qu'il ait, à la date du décret, résidé avec ce parent de manière stable et durable.”
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 22-1 : Cet article stipule que l'enfant mineur devient français de plein droit lorsque l'un de ses parents acquiert la nationalité française, sous certaines conditions. Cela souligne l'importance de la résidence et de la notification à l'administration, tout en tenant compte des réalités pratiques que peut rencontrer un parent.
- “L'enfant mineur dont l'un des deux parents acquiert la nationalité française, devient français de plein droit s'il a la même résidence habituelle que ce parent ou s'il réside alternativement avec ce parent dans le cas de séparation ou divorce.”
2. Décret - Article 37-1 : Cet article précise les pièces que le demandeur doit fournir pour prouver la résidence habituelle des enfants, y compris ceux qui résident alternativement. Cela montre que le cadre légal prend en compte la dynamique familiale, notamment en cas de séparation.
- “Le cas échéant, la copie intégrale des actes de naissance de ses enfants mineurs étrangers qui résident avec lui de manière habituelle ou alternativement dans le cas de séparation ou de divorce.”
Conclusion
La décision annule le refus du ministre en raison d'une interprétation stricte de la loi en relation avec la réalité vécue par Mme B..., soulignant l'importance d'une approche pragmatique dans l'application du droit de la nationalité. La cour insiste sur la nécessité de prendre en compte les circonstances personnelles dans l'application des dispositions légales.