Résumé de la décision
L'association Antibruit de Voisinage - Prévention, Santé, Conseil a demandé l'annulation du refus implicite opposé à sa requête visant à prendre par décret des mesures de lutte contre le bruit émanant des sports mécaniques sur circuit. Le Conseil d'État a rejeté cette demande, considérant que les dispositions du Code du sport, qui réglementent déjà les activités liées aux sports mécaniques, prenaient le pas sur celles du Code de l'environnement concernant la lutte contre le bruit. Ainsi, le Premier ministre n'a pas méconnu ses obligations en ne prenant pas de décret supplémentaire en la matière.
Arguments pertinents
1. Obligation d'agir du pouvoir réglementaire : Le Conseil d'État a souligné que l'exercice du pouvoir réglementaire implique non seulement un droit mais aussi une obligation de prendre les mesures nécessaires dans un délai raisonnable, à moins que des engagements internationaux ne l'empêchent.
2. Réglementation existante : Il a été établi que le Code de l'environnement (article L. 571-1) a pour but de prévenir ou limiter les nuisances sonores. Toutefois, les règles concernant les activités sportives bruyantes sont déjà définies dans le Code du sport, qui réglemente de manière spécifique ces situations. Le Conseil a précisé que « les dispositions de l'article L. 571-6 du code de l'environnement n'imposaient pas de prendre, sur leur fondement, un décret pour les sports mécaniques ».
3. Homologation et réglementation spécifique : La décision a rappelé que le code du sport (article R. 331-35) impose une homologation des circuits, ce qui inclut des considérations relatives au bruit. Cela signifie que les exigences spécifiques concernant le bruit lors d'activités sportives sont déjà prévues par une réglementation existante.
Interprétations et citations légales
1. Code de l'environnement - Article L. 571-1 : Cet article stipule que les dispositions relatives à la lutte contre le bruit visent à "prévenir, supprimer ou limiter l'émission ou la propagation" des nuisances sonores. Cependant, en vertu de l'article L. 571-6, ces dispositions ne s'appliquent que dans la mesure où aucune autre réglementation ne les couvre.
2. Code du sport - Article R. 331-19 : Cet article précise que les fédérations sportives doivent établir des règles techniques et de sécurité pour les manifestations impliquant des véhicules à moteur. Cela établit la compétence des fédérations sportives en matière de réglementation.
3. Code du sport - Article R. 331-35 : Ce texte précise que les circuits doivent faire l'objet d'une homologation, incluant des exigences relatives au bruit, ce qui prouve que la réglementation existante traite déjà des nuisances sonores dans le cadre des sports mécaniques.
4. Code du sport - Article R. 331-26 : Cet article permet au ministre de l'intérieur ou au préfet de prescrire des mesures complémentaires pour assurer le respect de la tranquillité publique, soulignant ainsi le cadre réglementaire déjà établi pour le contrôle des nuisances sonores liées aux événements sportifs.
Ces éléments démontrent que le cadre législatif relatif aux sports mécaniques est suffisamment complet pour justifier la non-prise d'autres mesures au niveau réglementaire. Le Conseil d'État a ainsi statué de manière conforme aux dispositions des lois en vigueur.