Résumé de la décision
La décision concerne une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A...B... en relation avec certaines dispositions du code général des impôts qui distinguent le traitement fiscal des associés gérants de sociétés et des gérants non associés. M. B... conteste la constitutionnalité de ces dispositions, arguant qu'elles établissent une différence de traitement injustifiée et portent atteinte aux droits des défense, en considérant les sommes inscrites sur le compte courant des associés comme des revenus imposables, même si ces sommes n'ont pas été retirées. Le Conseil d'État a rejeté la QPC, estimant qu'elle ne présentait pas un caractère sérieux, et a décidé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer la question au Conseil constitutionnel.
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Arguments pertinents
1. Sur l'égalité devant la loi et les charges publiques : M. B... argue que les articles du code général des impôts créent une discrimination entre associés gérants et gérants non associés, enfreignant les principes d'égalité devant la loi et les charges publiques. Cependant, le Conseil d'État a relevé que la différence de traitement se justifie par l'objectif de lutter contre la fraude fiscale. La cour a souligné : "La différence de traitement instituée par les dispositions contestées, qui repose sur des critères objectifs et rationnels en fonction de l'objectif poursuivi, n'est pas disproportionnée par rapport à la différence de situation existant entre ces deux catégories de contribuables".
2. Sur le droit de la défense : M. B... soutient que la qualification des sommes au crédit du compte courant d'associé comme des revenus imposables, même non retirées, viole le principe de respect des droits de la défense. Cependant, le Conseil d'État a affirmé que cette présomption n'est pas irréfragable et qu'il incombe à l'associé de prouver le contraire : "l'associé titulaire du compte peut néanmoins apporter la preuve contraire".
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Interprétations et citations légales
1. Concernant le principe d'égalité :
- Code général des impôts - Article 109 : Cet article stipule que "Sont considérés comme revenus distribués [...] toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices". Le Conseil a interprété cet article comme étant justifié par une lutte contre les distributions officieuses.
- Code général des impôts - Article 111 : Établit que "Sont notamment considérés comme revenus distribués", renforçant l'idée que les sommes mises à la disposition peuvent être qualifiées à cet effet, et souligne la possibilité de contestation.
2. Sur le droit de la défense :
- Déclaration des droits de l'homme et du citoyen - Article 16 : Cet article garantit le respect des droits de la défense, mais le Conseil d'État a reconnu la possibilité pour l'associé de prouver que les sommes mentionnées ne constituent pas des revenus imposables, ce qui préserve son droit à la défense.
En conclusion, la décision du Conseil d'État souligne que les règles fiscales concernées visent à préserver l'équité fiscale tout en permettant aux contribuables de se défendre contre des impositions présumées. Les arguments du requérant ne suffisent pas à démontrer un caractère sérieux de la question posée, et la cour a choisi de ne pas renvoyer la QPC au Conseil constitutionnel.