Résumé de la décision :
La SAS Les Montagnes d'Auzances a reçu une aide communautaire en vertu du fonds européen d'orientation et de garantie agricole, mais suite à un contrôle, cette aide a été annulée par le ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche. L'Agence de services et de paiement a alors émis un ordre de reversement pour le montant de l'aide perçue, soit 1 099 350 euros. La société a contesté cette décision, mais sa requête a été rejetée par le tribunal administratif de Limoges et par la cour administrative d'appel de Bordeaux. Le pourvoi en cassation de la société est également rejeté, et la cour décide que la société devra verser 3 000 euros à l'Agence de services et de paiement au titre des frais de justice.
Arguments pertinents :
1. Exclusion des aides en cas de fausse déclaration : La décision s'appuie sur l'article 72 du règlement (CE) n° 817/2004, qui stipule que "en cas de constatation d'une fausse déclaration faite par négligence grave, le bénéficiaire est exclu […] de toutes les mesures de développement rural". La SAS Les Montagnes d'Auzances a été jugée coupable d'escroquerie, ce qui justifie l'exclusion de l'aide.
2. Absence d'enrichissement sans cause : La cour administrative d'appel a rejeté l'argument selon lequel l'Agence de services et de paiement aurait été indûment enrichie par la somme de 455 791 euros reçue en dommages et intérêts. Il est souligné que cette somme représente une réparation pour préjudice matériel lié à l'escroquerie, et non un reversement d'aide communautaire.
3. Droit de l'Union européenne : La cour a précisé que la somme due ne constitue pas une restitution partielle de l’aide mais une compensation pour un délit, ce qui s’inscrit dans le cadre des règles européennes qui encadrent les aides, assurant ainsi que les sanctions soient appliquées correctement.
Interprétations et citations légales :
- Règlement (CE) n° 817/2004 - Article 72 : Ce texte établit les bases de l'exclusion du bénéficiaire d'aides en cas de fausses déclarations, indiquant : "En cas de constatation d'une fausse déclaration faite par négligence grave, le bénéficiaire en cause est exclu […] de toutes les mesures de développement rural". Cette stipulation a été cruciale pour justifier la sanction infligée à la SAS Les Montagnes d'Auzances.
- Délit d'escroquerie : Le tribunal correctionnel avait déclaré M. A..., président de la SAS, coupable d'escroquerie, ce qui était un fait déterminant dans l'évaluation de la légalité du reversement de l'aide. L'arrêt de la cour administrative rappelle que la somme que M. A... a été condamné à payer à l'Agence correspondait à la réparation du préjudice et non à un reversement d'aide, conforme aux exigences du droit de l'Union européenne.
En conclusion, la décision des juridictions administratives est fondée sur des bases solides liées aux règles d'attribution et de restitution des aides européennes, illustrant l’importance de la bonne foi et de la conformité aux conditions d’attribution des aides publiques.